Saint-François, le temps retrouvé

Vous pouvez en ce moment découvrir de nombreux documents d’archives dans l’exposition Saint-François, le temps retrouvé.
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Quand et Qui ?

Dates : 9-31 juillet 2020 – PROLONGATION jusqu’au 23 août 2020
Commissariat : Sophie Costamagna, Roberte Dallo, Fanny Lelandais, Stéphane Morabito, Élodie Sanchez et Christel Sola
Scénographie & conception graphique : Maddalena Giovannini

Situé en dehors des murs de la cité lors de la donation faite en 1251 par le notable Augier Badat à l’ordre des Franciscains pour y installer un ensemble conventuel, cet espace va se trouver rapidement englobé dans la ville et recevoir à ses côtés, dans le cours du XVIe siècle, l’un des éléments essentiels du pouvoir civil niçois, le Palais communal. Il abritera la salle du conseil et les services municipaux (dont les Archives) de 1584 à 1868.

Durant la Révolution, le couvent et l’église sont vendus comme bien national et connaissent des changements de destination (caserne, habitat, puis hôtel, cinéma et glacières) qui ont profondément modifié l’aspect des bâtiments.

Le Palais communal, resté propriété municipale après le déménagement de la mairie en 1868, ne cesse d’être modifié ; il a notamment, en 1893, été affecté à la Bourse du travail avant de devenir le siège de l’union locale de la CGT jusqu’en 2009.

Cette exposition vous propose de remonter le temps, au cœur même de l’ancienne église des Franciscains, pour découvrir les nombreux aménagements et les changements de fonction qui ont fait l’histoire de cet ensemble patrimonial remarquable et unique, de son édification au XIIIe siècle jusqu’à nos jours.

A voir dans l’exposition

Extrait du registre des privilèges de la Ville de Nice autrefois conservé dans la bibliothèque du couvent Saint-François, 1210-1592 : privilèges sur la poissonnerie
Archives Nice Côte d’Azur AA 5, fol. 26, verso

Les archives de la Cité

Les privilèges désignent les libertés accordées à la communauté urbaine par les souverains, les comtes de Provence puis, à partir de 1388, par les comtes de Savoie. Ces franchises sont de natures diverses (juridique, militaire, fiscale ou économique).
Les couvents des Mendiants servent parfois de lieux d’assemblée pour les élites urbaines. La présence de ce registre dans la bibliothèque des Frères mineurs témoigne de leurs relations avec l’administration communale.

Un cinéma dans l’église

Dans une ville comportant le plus de salles après Paris pour la première moitié du XXe siècle, le cinéma Le Tivoly, exploité par Eugénie Ancelin, veuve Masson, ouvre en avril 1919, au 4 rue de la Tour.

En août 1932, une demande d’autorisation de modification de la façade et des intérieurs est déposée par l’architecte Honoré Aubert et acceptée par la Ville un mois plus tard. Alors propriété de Joseph Zenensky-Thaon, ce cinéma, nommé L’Alhambra, va connaître des transformations faisant disparaître deux des trois voûtes sur croisée d’ogives de l’ancienne église ainsi que des embellissements de la période baroque.

Demande de Joseph Zenensky-Thaon pour modifier la façade nord (rez-de-chaussée et premier étage) de l’entrée de l’ancien cinéma Tivoli, rue de la Tour
Coupe longitudinale, 12 août 1932.Archives Nice Côte d’Azur, 2 T 693/573 n° 4

D’une capacité de 1.000 places, L’Alhambra, très rapidement rebaptisé Le Capitole, accueille des projections jusqu’à la fin des années 1980 ; sa salle unique a été divisée, en 1971, en deux salles distinctes : Le Capitole et Le Capri.

L’activité cinématographique est suivie d’une exploitation des lieux en discothèque puis en thé-dansant jusqu’en 1992.
La municipalité acquiert cette salle à la fin des années 1990.

La tour campanile

Au vu de l’état de la tour Saint-François, le conseil communal décide en 1836 d’affecter un crédit de 2.000 livres à la restauration de la tour Saint-François avec l’adjonction d’une horloge. Jusque là en effet une seule tour faisait office d’horloge publique dans la ville, celle de la caserne Rusca,  sur l’actuelle place du Palais de Justice. C’est l’architecte de la Ville, Joseph Vernier, qui est chargé de transformer le clocher en 1837. La couverture est démolie. Les baies du dernier étage sont modifiées.
Le décor des chapiteaux et pilastres est repris. Un étage couvert en terrasse pour les horloges et un campanile (clocher formant un édicule sur le faîte d’un bâtiment) pour la cloche sont ajoutés.
En 1839, l’achat d’une cloche est décidé et, après quelques péripéties, c’est finalement la fonderie génoise Pagano et Boero qui la livre le 16 avril 1841 (environ 1.600 kg). Y est inscrit, entre autres : « Pour sonner au loin les heures ». Le surcoût, augmenté du renforcement des systèmes de suspension, est couvert par les dons de quatorze particuliers parmi lesquels on dénombre cinq comtes et le banquier Isaac Avigdor.

Dessins de travail de l’architecte Joseph Vernier, 5 avril 1837
Archives Nice Côte d’Azur, D 37, folio 368

L’installation de la cloche a nécessité des travaux de démolition et de reconstruction de la porte d’entrée. La tour était desservie par un escalier suspendu tournant à gauche, à volées droites dont la structure porteuse et la rampe d’appui étaient en bois. À la hauteur de la quatrième volée une porte, aujourd’hui murée, devait établir une communication avec l’aile nord du couvent.
La maçonnerie est réalisée par le Niçois Bernard Spinetta. L’installation et/ou l’entretien des horloges est assuré(e) par l’horloger Auguste Davin jusqu’en 1850.

Un point de vue sur la ville

Du haut de la tour, la ville se découvre à 360 degrés. Elle est également le point dominant marquant le paysage sur les estampes et cartes postales qui véhiculent le motif de la lavandière lavant (ou faisant sécher son linge…) dans le Paillon.

Lavandières dans le lit du Paillon avec, en second plan, la tour Saint-François. Carte postale, Lévy et Neurdein réunis (Paris)
Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 576

Pour aller plus loin