Villes Vivantes au Forum d’Urbanisme et d’Architecture

© Agence Tor

Vous pouvez, jusqu’au 14 octobre 2023, découvrir des documents originaux, des maquettes ainsi que des tirages de négatifs photographiques issus de nos fonds au sein de l’exposition Villes Vivantes organisée par le Forum d’Urbanisme et d’Architecture et dont le commissariat a été confié à l’agence d’architecture nommos.

Il s’agit d’une nouvelle collaboration entre le Forum et son homologue de Lille, le WAAO, élargie à l’Urban Lab Torino.

Voir l'expo

Forum d’Urbanisme et d’Architecture
Le 109
accès par le 89 route de Turin – 06300 NICE
Tél : +33 (0)4 97 13 31 51

Quand et Qui ?

Dates : 17 juillet – 14 octobre 2023
Commissariat : nommos 

Clichés nommos, 2023

Réconcilier ville et nature

Le Forum questionne régulièrement le rapport de l’architecture aux grands équilibres dans lesquels elle s’insère. Avec son exposition d’été Villes vivantes, il aborde la question de la responsabilité de l’occupation humaine des territoires dans la poursuite ou non des bouleversements des fragiles équilibres au sein du monde du vivant, ceux-là mêmes qui nous maintiennent nous aussi… en vie.
L’ampleur inédite des bouleversements climatiques invite les acteurs du cadre de vie à reconsidérer nos grandes certitudes en matière d’architecture, d’urbanisme et de paysage. Il s’agit désormais d’inventer de nouvelles manières d’habiter le monde, en « réparant » ce découplage qui s’est produit entre l’activité humaine et les équilibres de la nature.

L’exposition nous emmène successivement dans deux parties, pour nous conduire du général au particulier.
Elle s’ouvre sur une déambulation dans huit villes à travers le monde (Barcelone, Bogotá, Detroit, Groningen, Lille, Marrakech, Shanghai et Toulouse), qui nous montrent comment elles tentent de rompre avec un anthropocentrisme de l’aménagement pour reconsidérer un « déjà là » de la nature qu’elles avaient désappris à voir. Il en ressort une forme d’état général des rapports de villes au vivant.
Le particulier est celui de deux villes, pour lesquelles l’exposition permet de poser des pistes pour une réconciliation avec ce même vivant.
Le cas le plus détaillé est celui de Nice, avec le rapport à l’eau comme fil conducteur de cette « renaturation » de notre pensée sur la ville : l’eau nourricière, l’eau plaisir mais aussi l’eau catastrophe. Comment non seulement « faire avec », mais surtout, comme au judo, retourner la force de l’autre pour en faire notre propre force. C’est pour cette partie que le service des Archives a étudié et proposé un corpus documentaire constitué de photographies, de cartes et maquettes présentées dans l’exposition.
Parallèlement aussi dans un territoire élargi déterminé par la géographie, par l’histoire et par une forme de « sororité urbaine », l’exposition porte son regard jusqu’à Turin, afin de voir en détail comment celle-ci également met en action une (ré)conciliation avec le vivant, notamment autour de la question du végétal et de l’agriculture de proximité.

 

Histoires d’eau, histoires de fleuves

Une sélection dans les fonds d’archives à voir, en original ou en reproduction, au Forum d’Urbanisme et d’Architecture…

L’eau est si présente à Nice que le Forum en a fait l’axe central d’une réflexion sur une possible réconciliation entre ville et nature. Par-delà la seule mer, l’eau est là, dans le quotidien, sous toutes ses formes — y compris quand elle n’est pas là.

Tantôt nourricière (pour l’agriculture), sanitaire (pour l’adduction), solide (pour les plaisirs du ski), liquide (ski toujours, mais derrière un bateau), sociale (pour ses rituels codifiés), balnéaire (sur fond de palmiers d’opérette), touristique (sur fond de transhumance estivale).

Tantôt sauvage ou imprévisible (intempéries et crues), maitrisée ou domestiquée (digues et canaux), montrée ou cachée (le Magnan disparu sous la voirie et le Paillon progressivement couvert pour dégager artificiellement un foncier insuffisant dans une ville tout en pente).

Mais toujours présente.

Une eau très présente à Nice dans sa narration urbanistique est celle de ses trois fleuves (le Var, le Magnan et le Paillon), qui structurent physiquement l’organisation de la ville, mais aussi qui la rattachent directement, par une géographie de l’eau, à un territoire beaucoup plus large de bassins versants, à un « au loin » dans lequel se façonne déjà à distance le lien entre la ville et la nature, entre l’urbain et les milieux.

Nice et ses environs vers 1900, de la rade de Villefranche à Magnan. [1970-1985] Maquette sur socle bois, coque en plexiglas.

Nice et ses environs vers 1900, de la rade de Villefranche à Magnan, [1970-1985]. Maquette sur socle bois, coque en plexiglas.
Archives Nice Côte d’Azur – 1053 W 2

Nice et son environnement collinaire jusqu'au pont de Magnan, représentés vers 1850 [1970-1985] Maquette sur socle bois, coque en plexiglas.

Nice et son environnement collinaire jusqu’au pont de Magnan, représentés vers 1850, [1970-1985]. Maquette sur socle bois, coque en plexiglas.
Archives Nice Côte d’Azur – 1053 W 1

Projet de piétonnisation de la promenade des Anglais. Architectes : Georges Buzzi, Louis Chevalier, Toussaint Del Furia. Projet non réalisé. [1975-1985]

Projet de piétonnisation de la promenade des Anglais. Architectes : Georges Buzzi, Louis Chevalier, Toussaint Del Furia. Projet non réalisé, [1975-1985].
Archives Nice Côte d’Azur – 1053 W 16

Le Var

Des trois fleuves qui innervent Nice, le Var est sans doute celui qui, par l’échelle de ses phénomènes hydrologiques, projette le plus nettement les enjeux de l’eau dans la transformation en cours d’une ville placée à l’interface entre la terre et la mer. Il nous oblige à intégrer dans la pensée des projets la cohabitation avec un voisin irascible, à prendre en compte ses mouvements d’humeur et accepter ses débordements. C’est un nouveau postulat entre eau et urbanisme qui ne doit pas désespérer, mais au contraire inspirer.

Cette série de cartes, achetée par le service des Archives en 2018, évoque la Guerre de Succession d’Autriche (1740-1748) ;
ici, la contre offensive austro-piémontaise d’octobre-novembre 1746 suite à l’invasion des troupes franco-espagnoles de 1744.
Camp de Saint Laurent sur le Var 4 novembre 1746 1747 lithographie

Camp de Saint Laurent sur le Var, 4 novembre 1746, taille-douce colorée,
Archives Nice Côte d’Azur – 2 Fi 206

Vue du pont du Var 1834<br />
dessiné d'après nature et lihtographié par le chevalier Barberi<br />
Imp. Lith. De Villain<br />
1834<br />

Vue du pont du Var, 1834, dessiné d’après nature et lithographié par le chevalier Barberi, Imp. Lith. De Villain. Archives Nice Côte d’Azur – 4 Fi 55/7

La plaine du Var en 1968, fonds du service photographique de la Ville de Nice, Archives Nice Côte d’Azur – 860 W 1968/385

Vue du pont du Var 1834<br />
dessiné d'après nature et lihtographié par le chevalier Barberi<br />
Imp. Lith. De Villain<br />
1834<br />

Lettre de Guy Rottier à Yona Friedman, 1967.
Archives Nice Côte d’Azur, 19 Fi (fonds Guy Rottier)

Le fonds d’archives de l’architecte, urbaniste et artiste Guy Rottier (1922-2013) est en dépôt aux Archives Nice Côte d’Azur depuis mars 2017. 

Vue perspective. Archives Nice Côte d’Azur, 19 Fi (fonds Guy Rottier)

Coupe transversale. Archives Nice Côte d’Azur, 19 Fi (fonds Guy Rottier)

Le Magnan

Le vallon du Magnan a longtemps conservé une spécificité de territoire agricole puis artisanal, du fait de sa géographie étroite autant que de son éloignement du centre historique. Il a ensuite été fortement urbanisé au XXe siècle, effaçant du paysage comme de la mémoire niçoise le court fleuve d’à peine douze kilomètres qui court entre Aspremont et la mer. Des travaux pour sa couverture en zone urbanisée ont été entrepris à partir de 1926 pour s’achever en 1960, et il est ainsi emblématique de cette « culture de l’eau » qui a en partie disparu de notre quotidien et de notre imaginaire collectif. C’est certainement dans cet imaginaire à reconstruire que se trouvent certaines des clés de ce changement possible de notre manière de penser la ville.

Embouchure du Paillon 12 octobre 1852. aquarelle et mine de plomb, rehauts de blancs

Vallon de Magnan, 1972. Fonds du service photographique de la Ville de Nice Archives Nice Côte d’Azur – 860 W 1972/2555

Quais du Paillon [1865-1866] Photographie

Vallon de Magnan, août 1942. Fonds du service photographique de la Ville de Nice Archives Nice Côte d’Azur – 1064 W 170/01

Le Paillon

En partie dissimulé aujourd’hui, le Paillon est indissociablement lié au développement urbain de Nice. Inscrit dès les origines dans l’organisation de la ville, pris en compte dans le plan directeur du Consiglio d’Ornato, le Paillon a accéléré son évolution dès le coup d’envoi de son recouvrement depuis la mer à la création du jardin Albert-Ier, devenant précocement un site d’expérimentation de l’urbanisme sur dalle (pour des questions d’hygiène, mais aussi pour dégager artificiellement dans la ville des surfaces constructibles manquantes adaptées à de grands équipements).
Des trois fleuves de Nice, le Paillon est, dans tous les sens du terme, le plus urbain de tous. Il négocie avec l’homme depuis des siècles en démontrant une forme de plasticité, ayant déjà été un laboratoire de négociation permanente. À présent que les enjeux climatiques rendent plus stratégiques que jamais les relations entre les villes et leurs milieux naturels, on peut imaginer que le Paillon demeurera un inspirateur pour de nouvelles métamorphoses en lien avec l’eau.

Embouchure du Paillon 12 octobre 1852. aquarelle et mine de plomb, rehauts de blancs

Embouchure du Paillon, 12 octobre 1852, aquarelle et mine de plomb, rehauts de blancs, Archives Nice Côte d’Azur – 15 Fi 10

Cette petite aquarelle sans prétention, achetée par le service des Archives en vente publique en 2022, permet de rappeler la présence du fleuve oublié à la jonction entre la Promenade des Anglais et le quai des Etats-Unis, un des lieux les plus fréquentés de Nice aujourd’hui.
Quais du Paillon [1865-1866] Photographie

Quais du Paillon, [1865-1866], photographie
Archives Nice Côte d’Azur – 3 Fi 75/5

Fonds du service photographique de la Ville de Nice<br />
Archives Nice Côte d'Azur - 860 W 1987/5339

Crue du Paillon peut-être en 1920.
Reproduction d’une photographie ancienne, fonds du service photographique de la Ville de Nice, Archives Nice Côte d’Azur – 860 W 1987/5339

Palais de la Jetée-Promenade, cosmographe d’Ouvière, blanchisseuses à l’embouchure du Paillon. Carte postale Picard, début XXe
Archives Nice Côte d’Azur – 10 Fi 122

Fonds du service photographique de la Ville de Nice<br />
Archives Nice Côte d'Azur - 860 W 1972/2270

Estivants à l’embouchure du Paillon, 17 août 1972
Fonds du service photographique de la Ville de Nice – Archives Nice Côte d’Azur – 860 W 1972/2270

Promenade du Paillon et jardins suspendus en 1974.
Fonds du service photographique de la Ville de Nice – Archives Nice Côte d’Azur – 860 W 1974/2437

L'exposition

  • L’exposition se prolongera jusqu’au mois d’octobre avec une programmation de conférences, débats et visites à découvrir sur les pages Facebook et Instagram du Forum.
  • Plus d’informations sur la précédente exposition Villes Vivantes du WAAO.

A la découverte de nos fonds

Les chantiers en cours