Guillot Electricité et les illuminations du Carnaval

Merci à Virgile Guillot d’avoir songé à préserver depuis 1980 les maquettes des décors des illuminations de carnaval qui ont enchanté des générations de Niçois et de nous les avoir confiées !

Ces esquisses sur contreplaqué sont désormais conservées dans nos magasins et viendront à la rencontre du public dans diverses expositions.

L’inventaire du fonds est consultable sur notre portail.

Les illuminations carnavalesques

Nice bénéficie très tôt d’un éclairage public avec 130 lanternes à huile en 1850. Le gaz fait son apparition dès 1854. L’éclairage est étendu à la Promenade des Anglais avec 30 becs de gaz en 1862. L’exposition internationale du Piol en 1884 voit l’arrivée de la fée électricité qui se déploie à l’Opéra en 1889, puis pour l’éclairage de l’avenue de la Gare (actuelle Jean-Médecin) en 1892. Enfin, la modernisation de la Promenade des Anglais en 1930 est l’occasion d’y installer ses magnifiques candélabres Art-Déco contribuant à donner, de nuit, à la Baie des Anges son célèbre aspect de « collier de perles ».

A côté de ces habits de lumière de tous les jours, Nice a un costume de fête : parallèlement au Carnaval, et au même titre que les batailles de fleurs, les illuminations décoratives de la place Masséna, de ses jardins et de l’avenue de la Gare attirent les touristes dès les années 1870. Le « Maître de la Lumière » a d’ailleurs son char au Carnaval de 1910.

C’est à la maison André Robaudy et au pyrotechnicien Philippe Stevano, installé dans le quartier de l’Arbre-supérieur (Pasteur), qu’on doit au XIXe siècle ces mises en lumière, de plus en plus sophistiquées et célèbres dans le monde entier.

Dans les années 1960, l’attrait des illuminations du carnaval de Nice ne faiblit pas.  Leurs milliers de tâches colorées constituent la source d’inspiration de des affiches conçues par Raymond Moretti pour la manifestation.

Epreuves et négatifs

Affiche de Raymond Moretti reprise pour les carnavals de 1962-1963
Archives Nice Côte d’Azur, 7 Fi 3059

Epreuves et négatifs

Affiche conçue par Raymond Moretti et reprise pour les carnavals de 1968 à 1974
Archives Nice Côte d’Azur, 7 Fi 3070

1972-1993 : Guillot éclairagiste du carnaval

Virgile Guillot, après une carrière militaire, reprend l’entreprise familiale installée sur la zone artisanale du Lingostière et la développe. En 1972, il se porte candidat pour reprendre la conception et la mise en œuvre des illuminations du Carnaval. L’armée lui a appris la nécessité de la préparation et il met en place une logistique imparable de manière à ce que, le jour J, les décors s’illuminent sur la place Masséna, chaque année, vingt ans durant.

Epreuves et négatifs

Patrick Galdeano, décor pour Carnaval 1985 (Roi de la pub)
Archives Nice Côte d’Azur, fonds Guillot, 30 Fi 9

Epreuves et négatifs

Lagarde, décor pour Carnaval 1983 (Roi de la communication)
Archives Nice Côte d’Azur, fonds Guillot, 30 Fi 5

C’est aux studios de la Victorine que Guillot va chercher les compétences artistiques qui manquent à son entreprise, travaillant tout d’abord avec le décorateur de cinéma Damien Lanfranchi, également imagier du char de Sa Majesté Carnaval depuis la disparition de Gustave-Adolf Mossa. Les illuminations du Carnaval 1980 (Roi de la piste) sont les avant-dernières de leur collaboration. En 1982, l’électricien fait donc appel à Lagarde pour le Carnaval 1983 (Roi de la communication). Puis viennent dix ans de collaboration avec Patrick Galdeano, un ancien de l’Ecole nationale des Beaux-Arts de Lyon : Carnaval 1985 (Roi de la pub), Carnaval 1986 (Roi des Villes du monde), Carnaval 1991 (Roi des Fous), Carnaval 1992 (Roi des Rois), Carnaval 1993 (Roi de l’Europe)…

Grâce aux talents conjugués des illustrateurs et aux électriciens, chaque soir, 150 000 lampes de 15 watts, colorées à la main, soutenues par 100 km de câble clignotent de chaque côté de la place Masséna, créant autour des tribunes et des chars un univers du « merveilleux lumineux ».