Du lundi 3 au dimanche 9 juin 2024, nous célébrons la sixième Semaine Internationale des Archives organisée par le Conseil international des Archives. (#IAW2024). Le thème de cette année est #CyberArchives.
Les objectifs de cette semaine sont nombreux et nous avons particulièrement choisi de sensibiliser le grand public à l’importance des archives et des documents en vous faisant découvrir les coulisses de nos sites.
Quels sont les métiers d’un service d’archives ? Qui fait quoi aux Archives Nice Côte d’Azur ? Pour tout savoir, rencontrez (virtuellement #CyberArchives) les trois responsables de pôles du service des Archives Nice Côte d’Azur…
Audrey… collecte !
Où travailles-tu ? Quelles sont tes missions ?
Nos bureaux sont situés sur le site de l’Arénas, comme une grande partie des services de la Métropole Nice Côte d’Azur. Mes trois agents et moi avons pour mission essentielle d’accompagner les services municipaux et métropolitains dans leur processus d’archivage et ainsi de recueillir les documents publics d’intérêt historique.
Cela se traduit concrètement par des actions de formation auprès des services, du partage de méthodes efficaces de classement et par la mise en œuvre des procédures légales de versement et d’élimination d’archives.
Aurais-tu un exemple de versement à nous donner ?
Parmi les fonds que nous avons dernièrement collectés, on peut citer le très beau fonds du Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, celui du Théâtre National de Nice ou encore les fonds des quatre communautés de communes dissoutes lors de la création de la Métropole. Prochainement, notre politique de collecte se portera sur les archives de la Régie Eau d’Azur dont le fonds est estimé à 250 mètres linéaires d’archives.
Que penses-tu de la thématique choisie cette année pour la Semaine internationale des Archives ? #CyberArchives
Le métier d’archiviste évolue et l’attention du pôle Collecte se porte de plus en plus vers les archives numériques. L’acquisition récente d’un Système d’Archivage Electronique (VITAM) et le recrutement d’un e-archiviste vont rapidement permettre de collecter et conserver à moyen et à long terme des informations numériques dans le but de préserver leur intégrité et de les rendre accessibles et exploitables.
Béatrice… classe et conserve !
Où travailles-tu ? Quelles sont tes missions ?
Je travaille sur le site de Cimiez en charge du traitement et de la conservation des fonds des services de la ville de Nice. Il s’agit du lieu de stockage principal des documents municipaux avec près de 7 km conservés dans la chapelle de l’ancien Grand Séminaire, constitués de documents de tout type et de tout format, de 1860 à nos jours.
Actuellement, je travaille avec quatre agents polyvalents. Au quotidien, nous décrivons les documents en indiquant les informations essentielles (intitulés, mots-clés, bâtiments, dates…) dans des inventaires afin de permettre l’accès au plus grand nombre.
Nous sommes les garants de la conservation des documents en éliminant tout élément pouvant les détériorer dans le futur (objets métalliques, plastique, feuilles ou chemises colorées ou acides), les rangeant dans des boîtes d’archives (en polypropylène) et en surveillant leur environnement de stockage (température, humidité, moisissures, rongeurs…). La prévention joue un rôle essentiel dans notre travail.
Le site de Cimiez, ancien grand-séminaire de la Ville de Nice, aujourd’hui lieu de conservation de la grande majorité des Archives de la Ville.
Aurais-tu un exemple de classement récent à nous donner ?
La reprise d’inventaire permet de mettre à disposition des usagers des fonds et des documents jusqu’alors inaccessibles ou partiels. L’exemple le plus récent concerne le fonds issu des bâtiments communaux : la vérification et la reprise physique et informatique ont permis de regrouper plusieurs versements volumineux, reçus à diverses périodes aux Archives (des années 1980 à 2020). À la suite de ce travail de longue haleine, un historique complet et détaillé de nombreux bâtiments de la ville est désormais disponible.
Comment ton métier évolue avec l’ère numérique ? #CyberArchives
Il y a trente ans, les inventaires se présentaient sous la forme de fiches cartonnées ou bien, saisis à la machine à écrire, reliés et mis à disposition sous classeurs ou registres imposants aux lecteurs qui se déplaçaient en salle de lecture. Désormais avec les différentes évolutions logicielles et numériques, les inventaires sont réalisés sous tableur (Excel), sur des bases de données (Arkheia) puis mis en ligne sur notre moteur de recherche (Bach). Le travail de classement est visible désormais par le plus grand nombre sans barrières.
Le numérique a nécessité le développement de nouvelles compétences, la reprise de fonds déjà traités afin de décrire les documents de manière plus détaillée et fiable et en rajoutant de l’indexation fine (mots-clés) afin que les usagers puissent « rebondir » sur les différents inventaires disponibles sur un sujet, adresse ou bâtiment précis. Notre travail d’analyse et de valeur ajoutée s’en est trouvé accentué.
Meryl… communique et valorise !
Où travailles-tu ? Quelles sont tes missions ?
Je travaille sur le site de Fabron (villa Les Palmiers) qui est le site « vitrine » des Archives Nice Côte d’Azur car le seul espace de notre service ouvert aux publics quarante-neuf semaines par an. Presque deux kilomètres d’archives sont conservées sur notre site mais notre mission principale consiste à accueillir des lecteurs, à leur donner accès à nos documents et à les accompagner dans leurs recherches.
Sur quels sujets travailles-tu en ce moment ?
Nous choisissons de valoriser certains sujets en organisant des expositions qui peuvent avoir lieu dans nos espaces ou hors-les-murs. Cette année nous avons organisé une exposition sur le Carnaval et le sport qui se terminera le 2 août mais nous parlerons également de la Seconde Guerre mondiale à partir de l’automne 2024. Depuis octobre 2023 nous participons à la Fête des théâtres en exposant le fonds du Théâtre National de Nice dans leurs locaux (salle de la Cuisine). Nous participons également à divers événements nationaux comme les Journées du Patrimoine, la Semaine internationale des Archives, les Nuits de la lecture ou les Nocturnes de l’Histoire… Nos kilomètres d’archives font que nous ne sommes jamais à court de sujets !
La valorisation passe également par une programmation de visites et ateliers qui peuvent s’adresser aux scolaires (dès la Maternelle jusqu’à l’Université) comme au grand public, aux familles ou aux personnes issues du champ social.
Une visite guidée organisée sur le site de Fabron (villa Les Palmiers)
Un exemple de médiation à destination des familles lors de la Semaine internationale des Archives en 2023.
Quels sont les avantages du numérique pour la communication et la valorisation des archives ? #CyberArchives
Un agent sur le site de Fabron est particulièrement en charge des documents iconographiques et de leur numérisation. En effet, le numérique permet aujourd’hui de communiquer plus largement nos archives puisque notre moteur de recherche donne accès à nos fonds mais aussi à des documents qui ont été numérisés.
Nos lecteurs « virtuels » peuvent ainsi avoir accès à plus de 10 000 images en ligne en haute définition comme les photographies sur plaques de verre des frères Baylone. La numérisation de ce fonds exceptionnel, d’origine privée, garantie sa conservation tout en lui permettant d’être visible dans le monde entier.
