Une étudiante au cœur des archives de l’eau
Iliana, étudiante en Master de droit privé (parcours Histoire du droit et conservation du patrimoine) à l’Université Côte d’Azur, a passé un an en alternance à la Régie Eau d’Azur. Durant cette expérience, elle a découvert le métier d’archiviste et plongé dans l’histoire de l’eau sur le territoire.
Un patrimoine riche et méconnu
À la suite de la fin du contrat de délégation du service public de l’eau à Nice, la Métropole Nice Côte d’Azur a repensé l’organisation de ce service. Aujourd’hui, l’établissement public Eau d’Azur assure la gestion de l’eau potable et de l’assainissement pour le compte des communes du territoire de la Métropole.
Dans ce cadre, il a hérité d’infrastructures, de réseaux… et d’un volume très important d’archives, remontant pour certaines au XIXe siècle. Conservées dans un site des bords du Var, ces archives rassemblent des milliers de documents : plans, photographies, correspondances, études ou encore dossiers de travaux.
Ces fonds retracent l’évolution de la gestion de l’eau sur le territoire, notamment à travers les archives provenant de la Compagnie générale des Eaux. Parmi les pièces remarquables figurent les dossiers de construction du canal de la Vésubie, couvrant plus de 150 ans d’histoire.
Parmi les documents les plus anciens manipulés par Iliana, les traités de concession avec la Ville de Nice pour le canal de la Vésubie.
La parole à Iliana
Concrètement, quel est ton rôle ?
Mon travail consiste à collecter, classer et préserver ces archives pour qu’elles puissent être utilisées par les usagers d’aujourd’hui et de demain.
Les archivistes sont les gardiens de la mémoire collective, ils préservent et valorisent les documents qui racontent l’histoire de notre territoire.
Notre mission repose sur la théorie des 4 C :
- Collecter les archives publiques et privées, témoins de notre passé ;
- Classer ces documents pour les rendre accessibles et compréhensibles ;
- Conserver ce patrimoine dans des conditions optimales, parfois pour des siècles ;
- Communiquer ces trésors au public, aux chercheurs ou aux administrations.
Le dernier point est celui qui permet ensuite aux équipes techniques de s’appuyer sur ces documents et ce dans des conditions les plus optimales possibles.
Qu’est-ce qui t’a marquée en découvrant ces archives ?
Ce qui m’a frappée, c’est la richesse de ces documents.
On y découvre l’histoire des ouvrages, du territoire mais aussi celle des femmes et des hommes qui ont construit et entretenu ces réseaux. Elles sont le moyen de comprendre que la gestion de l’eau sur le territoire repose sur de nombreux acteurs et qu’elle-même est le fruit d’une histoire riche. Chaque action, chaque travail même celui qui paraît le plus infime est en fait le tout de quelque chose de bien plus grand qui permet ensuite à tous les usagers du territoire d’avoir de l’eau qui s’écoule de son robinet.
Au travers de ces archives se révèle aussi l’histoire de la société civile, de son évolution, de ses décisions et choix politiques, des événements qu’elle a traversés, les guerres, les sécheresses, les tempêtes, les alliances, les tensions, les périodes prospères…
Qu’as-tu réalisé cette année ?
Outre le récolement de l’ensemble du fonds des archives REA, c’est-à-dire la liste de tous les documents avec leur emplacement précis, j’ai mené à son terme un premier versement aux Archives Nice Côte d’Azur. Il porte sur les traités et conventions signés à la suite du contrat de concession du service public de l’eau, accordée à la Compagnie Générale des Eaux de Nice à partir de 1864.
D’autres versements sont déjà en préparation…
Audrey Baudin-Hébert, responsable du groupe Collecte des Archives Nice Côte d’Azur, forme Iliana sur le site des Sagnes à la technique du récolement des fonds d’archives.
Vrac avant la mise en place sur les rayonnages
Un partenariat efficace
Ce travail de préservation est le fruit d’une collaboration entre plusieurs acteurs du territoire :
- la régie Eau d’Azur,
- les Archives Nice Côte d’Azur,
- la Chaire de l’Eau portée par l’Institut Méditerranéen du Risque, de l’Environnement et du Développement Durable (IMREDD) de l’Université Côte d’Azur,
- et l’Université Côte d’Azur.
Ensemble, ils œuvrent à la préservation et à la mise en valeur de ces archives uniques, au service du territoire et de ses habitants.
Les sources de l'histoire de l'eau aux Archives Nice Côte d'Azur
- L’eau potable
- Les eaux usées
- Les réseaux de distribution
La Chaire de l’Eau portée par l’IMREDD souhaite encourager les chercheurs, toutes disciplines confondues, à explorer l’histoire de l’eau dans le département. Dans cette perspective, elle organisera au printemps prochain à Nice un colloque consacré à ce thème.
Cet événement s’appuiera notamment sur le travail de classement actuellement en cours des archives de la Régie Eau d’Azur, mené en collaboration avec le service des Archives Nice Côte d’Azur.
D’un point de vue chronologique, le colloque mettra principalement l’accent sur les XIXe et XXe siècles.
Le réservoir de Brancolar, juillet 1970 (Archives Nice Côte d’Azur, 860 W 1970/1784)
