Reflet d’inventaire

Le centre du patrimoine présente des plans d’architecture originaux issus des fonds du service des Archives de Nice Côte d’Azur dans l’exposition consacrée à la mission de l’inventaire et ses premiers résultats sur le terrain niçois.

En lien avec la candidature de Nice à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco, la Ville de Nice réalise depuis 2016 l’inventaire de son patrimoine architectural et paysager de la villégiature, sur la période de 1860 à 1975.

La Ville s’inscrit donc dans la continuité de cette vaste entreprise nationale, l’Inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France, lancée par le ministre de la Culture André Malraux en 1964.

« Reflet d’inventaire » dévoile les méthodes et métiers de la discipline et met en miroir la documentation nécessaire à la mission d’inventaire et des regards d’artistes contemporains sur la ville à travers des dessins et des photographies.

Voir l'expo

Centre du patrimoine – Le Sénat
14 rue Jules-Gilly
06300 NICE
Tél : +33(0)4 97 13 39 13

Quand et Qui ?

Dates : 28 juin 2021-31 janvier 2022
Commissariat : Christophe Prédal

Catalogue de l'exposition Reflet d'inventaire

Le Solemar vu par Sylvie T., illustratrice, 2021

Le chercheur de l’inventaire

Étudiant un territoire donné ou un thème particulier, le chercheur effectue des recherches documentaires à travers plusieurs types d’archives (ouvrages, permis de construire, revues d’architectures, archives notariales, fonds photographiques…) qu’il croise ensuite avec ses observations réalisées sur le terrain. Puis vient le temps de la restitution des recherches dans les bases de données nationales de l’inventaire.

Aux Archives de Nice Côte d’Azur il peut tout à loisir compulser les autorisations de voirie et permis de construire qui constituent la base de sa documentation.

A voir dans l’exposition du centre du patrimoine

Palais Fomitcheff puis Étoile du Nord

A l’angle du 3 place, Franklin,  du 1 avenue Depoilly et du 53 boulevard Gambetta, cet immeuble a étéconstruit par l’architecte Charles Dalmas en 1913 pour le prince Fomitcheff. L’écrivain Gaston Leroux y vivra de 1919 à sa mort en avril 1927.
De taille réduite, de trois niveaux sur sous-sol, il appartient à la typologie des immeubles-villas. Il marque toutefois fortement l’empreinte urbanistique du quartier par ses hauts toits en ardoise et sa position aérée, sur l’un des côtés d’une place quadrangulaire, permettant une vision de celui-ci depuis de nombreux points de vue.
L’appartement le plus vaste et luxueux du propriétaire originel n’est pas au rez-de-chaussée (présence du jardin), ni au 1er étage (commodité dans un immeuble ne possédant pas d’ascenseur) mais au deuxième étage, sans doute pour bénéficier de la meilleure vue. Les pièces de service et de domesticité (orientées au nord) sont nettement séparées de l’appartement des maîtres par un couloir doublant la grande galerie de distribution des pièces.

Charles Dalmas architecte. Élévation de façade, 1913, 75 x 64 cm.
Archives Nice Côte d’Azur,  2 T 280/35 n° 1

Immeuble Solemar

Le bâtiment de six niveaux sur rez-de-chaussée a été édifié au 187 bis promenade des Anglais par la société Le Crédit au Foyer en 1934.

L’immeuble présente une savante composition art déco à la fois de style “paquebot” et à tendance méditerranéenne locale avec le motif de l’aigle omniprésent : en ciment au sommet de l’avant-corps ou sur les murs latéraux du vestibule, en ferronnerie sur les portes d’entrée et de l’ascenseur. L’entrée est une imitation de formes d’architecture primitive (colonnes tronconiques à chapiteaux sans épannelage, arc en plein cintre placé au ras du sol) que la dénomination Solemar et la jardinière avec plantes grasses font pencher vers une Méditerranée mythique des origines.

Portrait du peintre Hercule Trachel

Guillot et fils architectes. Élévation de façade, 1934, 46 x 69 cm.
Archives Nice Côte d’Azur,  2 T 773/426 n° 5

Portrait du peintre Hercule Trachel

Honoré Toscan architecte. Élévations, 1960, 79 x 62 cm
Archives Nice Côte d’Azur,  4 W 716, permis n° 446/60

Villa Pourquoi pas

Le permis de construire demandé par l’architecte Honoré Toscan en novembre 1960 a été accordé le 19 mai 1961. Sur le cap de Nice, cette villa en forme de cube, de style moderniste, montée sur de hauts pilotis est largement ouverte face mer. Les élévations dessinées par l’architecte font ressortir l’alternance de modules carrés et rectangulaires dont les pleins et les vides s’alternent sur les deux niveaux.

 

 

La finesse des poteaux en béton soutenant l’ensemble, leur profil et leur emplacement (mettant la villa en porte-à-faux) fait de ceux-ci la pièce-maîtresse de la composition. Un escalier extérieur accroché à la maison réunit le seuil de la porte d’entrée et l’étage inférieur de la villa (correspondant aux chambres). C’est le seul escalier liant les deux niveaux présent dans les plans initiaux, démontrant là le caractère estival et balnéaire de la construction.

 

 

Et dans les dossiers d’archives

L’hôtel aujourd’hui lycée du Parc-Impérial

L’Hôtel Impérial est inauguré le 18 janvier 1902, à la veille du Carnaval, en plein cœur de la saison d’hiver. Son commanditaire, Jean-Baptiste Benoît Gay, conduit en parallèle l’opération de lotissement de prestige du parc Impérial en s’appuyant sur l’architecte Adam Dettloff.

Gay s’est rendu de l’ancien domaine Bermond en 1896. Le chantier débute en 1899 et constitue une mise en œuvre à grande échelle du procédé Hennebique pour les planchers en béton armé.

L’hôtel Impérial est un établissement luxueux qui propose alors 225 chambres et se voit attribuer en 1902 une médaille d’or au concours municipal des primes à l’architecture, “pour ses qualités esthétiques et sa conception hygiénique”.

Pendant la Première Guerre mondiale, il est réquisitionné pour servir d’hôpital. La Ville de Nice en fait l’acquisition pour le transformer en lycée entre 1926 et 1930. Dans les années 1960, une extension est ajoutée au nord du bâtiment historique. La création d’un internat conduit aux travaux de l’architecte Roger Séassal qui modifient la toiture d’origine : aménagement d’un toit terrasse, suppression de la tour belvédère. Ces travaux font disparaître également la quasi-totalité des décors de façade ainsi que le bâtiment-annexe appelé salle des fêtes ou pavillon impérial, alors remplacé par un gymnase. Aujourd’hui, l’établissement scolaire du Parc impérial regroupe un collège d’environ 870 élèves et un lycée de plus de 2 000 élèves.

Le Palais Mary

L’immeuble construit par l’architecte Kevork Arsenian pour le promoteur Jean-Jacques Mecatti est construit entre 1939 et 1941.

C’est un plot massif de sept étages sur rez-de-chaussée s’inscrivant au droit d’une impasse au nord et la promenade des Anglais au sud. D’une structure en béton armé, les façades déploient librement la ligne du balcon filant, les files apparentes des supports de poteaux à section circulaire. L’entrée monumentale, implantée dans l’axe de la façade principale sud retient les influences de l’art déco par son échelle, les lignes et la variété des matériaux. Les façades étaient originellement en béton gris très clair, aujourd’hui peintes. Le retrait en gradin permet aux appartements de profiter d’une vue panoramique en terrasse.

 

Kevork Arsenian architecte. Jardins sur la Promenade, 1939
Archives Nice Côte d’Azur, 2 T 911/156

Kevork Arsenian architecte. Jardins sur la Promenade, 1939
Archives Nice Côte d’Azur, 2 T 911/156

Immeuble détruit pour construire le palais Mary, 1939
Archives Nice Côte d’Azur, 2 T 911/156