Les frères Baylone, photographes

Resté depuis l’origine dans les locaux du 7 rue Jules-Gilly où les frères Baylone tenaient commerce, le fonds de plaques de verre de ces éditeurs de cartes postales niçois vient d’entrer aux Archives Nice Côte d’Azur. 

Merci à leurs descendantes d’avoir assuré la sauvegarde de ce précieux patrimoine iconographique.

L’inventaire du fonds et les plaques de verre numérisées sont visibles sur notre portail.

Une famille de commerçants piémontais

A la fin des années 1870, un mercier piémontais âgé d’une trentaine d’années, Mathieu Joseph Bailone (ou Bajlone) originaire de Saluces (Saluzzo), dans la province de Coni (Cuneo) vient s’installer à Nice. Plusieurs enfants y naissent de son union avec Rosa De Giovannini. Seuls les fils,  Simon Joseph, né le 20 août 1881 au 5 rue de l’Abbaye, et Ferdinand Joseph, né le 4 août 1887 au 7 rue du Sénat, survivent, en ce temps de grande mortalité infantile. Joseph Bailone meurt le 7 avril 1906 au 3 cours Saleya, à l’âge de 64 ans. C’est alors, semble-t-il, que ses fils, respectivement âgés de 25 et 21 ans, s’associent pour reprendre son commerce de mercerie et développent en parallèle une activité de photographes-éditeurs.

Les deux frères prennent femme, l’aîné en 1907, le cadet en 1912, dans la communauté de petits commerçants du Vieux-Nice et fondent chacun une famille. Simon Baylone meurt le 2 octobre 1932 à Nice. Son frère Ferdinand garde le magasin du 7 rue du Sénat [Jules-Gilly] jusqu’à son décès, vingt ans plus tard, le 6 juin 1951, mais sans poursuivre la production photographique qui semble avoir été l’apanage de l’aîné.

Des cartes postales qui voyagent dans toute l’Europe

Les Archives de Nice possédaient déjà – grâce à des dons généreux, notamment de M. Daniel Bourandy – une quarantaine de cartes éditées par les frères Baylone, représentant Cannes, Villefranche, Monaco, et bien sûr Nice avec des clichés des incontournables du tourisme de la Belle Epoque (Jetée promenade, Casino municipal, colline du Château, quai du Midi, promenade des Anglais, scènes de marché) mais aussi une production très originale de montages de maquettes en couleurs des chars du carnaval de l’année sur fond de place Masséna ou de Jetée promenade – modèle que reprendra l’éditeur A.D.I.A. dans les années 1930.

En forme d’avant-première, notamment lors des éditions 1912, 1914 et 1922 du Carnaval de Nice, ces cartes pouvaient ainsi être vendues  aux touristes présents durant les festivités, à côté de la production des autres éditeurs niçois ou parisiens représentant des photographies des sorties carnavalesques de l’édition précédente. Les Baylone entretenaient très certainement des relations privilégiées avec les carnavaliers et manifestaient d’ailleurs un grand respect pour leur travail et leur droit moral en mentionnant presque systématiquement le nom de l’imagier et celui du constructeur sur leurs éditions.

Les frères Baylone passent sans doute également des accords avec les hôteliers, puisqu’on leur doit des vues des grands hôtels qui ouvrent à Cimiez après 1905 (Winter et Hermitage).

Enfin, on notera une prépondérance de cartes colorisées dans la production des Baylone, à une époque où la photographie était noir et blanc et où l’impression se faisait en noir ou sépia. Comme une invitation à une promenade ensoleillée à la Belle Epoque…

Photographier Nice et ses environs

Epreuves et négatifs

Archives Nice Côte d’Azur – fonds Baylone (28 Fi), classement et cotation en cours

Grâce à ce don, le public pourra découvrir les clichés originaux sélectionnés pour être imprimés, mais également tous ceux qui n’ont pas fait l’objet d’une édition sous la forme de cartes postales.

 

Articles de saison

 

Petit commerce de mercerie, jouets et souvenirs, la boutique du 7 rue Jules-Gilly vendait aussi, à l’occasion du Carnaval, des confettis ou des masques en carton peint. Le petit stock de masques conservé vient compléter le fonds photographique entré aux Archives.

Masques et tambourins

Archives Nice Côte d’Azur – fonds Baylone (28 Fi), classement et cotation en cours