Le fonds Baréty aux Archives de Nice

Suite à la disparition, le 3 novembre 2018, de l’avocat Jean-Paul Baréty, maire de Nice (1993-1995), député des Alpes-Maritimes (1994-1997) et président de l’Acadèmia nissarda (1978-2018), ses héritiers ont décidé de faire donation à la Ville de Nice des archives familiales, de la riche bibliothèque d’histoire locale, d’estampes, de portraits et de bustes auparavant conservés au palais Baréty, un magnifique immeuble IIIe République protégé au titre des monuments historiques.

Cette donation très importante permet d’enrichir les collections de la Ville de Nice : les différents documents et œuvres ont en effet été intégrés aux collections des archives municipales, de la bibliothèque municipale, de la bibliothèque de Cessole et du musée Masséna.

La donation Baréty-Daure s’inscrit dans la tradition de l’attachement des illustres familles niçoises à leur territoire et au patrimoine écrit. Le service des Archives Nice Côte d’Azur a ainsi collecté un très important fonds d’archives familiales issu principalement de la famille Baréty (Nice, Puget-Théniers…) et de ses alliés depuis la fin du XVIIIe siècle, centré plus particulièrement autour des papiers du célèbre médecin Alexandre Baréty (1844-1918), lesquels documentent tout autant son activité de praticien et scientifique que ses loisirs d’érudit local fondateur de l’Acadèmia nissarda.

 

Le tout représente quelque 40 mètres linéaires de documents d’archives du Moyen-âge à nos jours, à trier, dépoussiérer et inventorier afin de les mettre à disposition du public.

Le traitement du fonds Baréty des Archives représente donc un travail de longue haleine entamé dès le mois d’août 2019.

 

Suivez le travail des archivistes et découvrez avec nous quelques documents remarquables :

Pension anglaise

L’essor du tourisme sur la Riviera y attire des entrepreneurs de toutes origines, comme le couple Guarducci-Wixey, ancêtres de Me Baréty. L’amélioration constante du confort pousse à la construction de bâtiments nouveaux pleinement dédiés à la fonction hôtelière. L’hôtel de la Pension anglaise symbolise cette quête du confort. L’établissement est dirigé par Ferdinand Guarducci, né à Londres d’un père toscan, qui connaît bien les envies de la clientèle des Anglais habitués du Grand Tour à travers l’Italie. À son attention, il aménage dans l’enceinte même de l’hôtel, à partir de 1856, un établissement de bains qu’il confie au docteur Brandeis.

Les archivistes ont eu l’heureuse surprise de mettre la main en classant le fond sur ces registres d’hôtel du premier quart du XIXe siècle, des documents rarissimes, très précieux pour écrire l’histoire des hivernants sur la Côte d’Azur.

Service des Archives Nice Côte d’Azur, fonds Baréty (donation Baréty-Daure), cotation en cours

Pour en savoir plus

Alain Bottaro, « La villégiature anglaise et l’invention de la Côte d’Azur », In Situ [En ligne], 24 | 2014, mis en ligne le 10 juillet 2014.

Transfert de l’hôpital Saint-Roch

Le quartier de Carabacel, jouissant d’une situation géographique privilégiée, est très prisé des hivernants du Second Empire et des débuts de la Troisième République. A la fin du XIXe sicle, alors que le quartier s’urbanise et s’aristocratise la présence de l’hôpital y semble donc incongrue. Peu de temps après sa construction, sur les terres léguées par le bienfaiteur Defly, établissement sanitaire souffre déjà de surpopulation. Nombreux sont les projets d’équipements pour le remplacer : lycée, palais de justice, musée des beaux-arts…

En tant que médecin et élu local, Alexandre Baréty conservait de nombreux dossiers relatifs à ces projets, notamment les projets remis en 1887 au comité consultatif présidé par Ernest Michel, dont il était un des membres éminents.

L’hôpital moderne destiné à remplacer Saint-Roch serait construit selon un plan pavillonnaire type, dans le respect des principes de l’hygiène moderne.

Service des Archives Nice Côte d’Azur, fonds Baréty (donation Baréty-Daure), cotation en cours

Pour en savoir plus

Le Comité des fêtes

Alexandre Baréty (1844-1918) est membre du comité permanent des fêtes de Nice constitué en 1873, en charge de l’organisation des « fêtes de la saison » (Carnaval et Printemps). Sa femme, Marie Joséphine Silvie Flavie Brès (1857-1937) fait partie des Dames Patronnesses organisatrices notamment du Grand Bal au profit des Pauvres assistés par le Bureau de Bienfaisance (février) ou de la Grande Kermesse du Casino municipal (en mars).

Fêtes de Nice. 1889. Compte-rendu des fêtes de la Saison (Carnaval et Printemps) publié par le Comité permanent des Fêtes de Nice, Nice, impr. administrative Conso aîné, 1889.

Service des Archives Nice Côte d’Azur, fonds Baréty (donation Baréty-Daure), cotation en cours

Henri-Louis Baréty (1890-1970)

Père de Jean-Paul (1928-2018) et fils du docteur Alexandre (22 mai 1844-28 février 1918), Henri Baréty naquit le 15 avril 1890 à Nice ; il mourut, dans la même ville, le 14 décembre 1970.

Cet industriel, qui fut vice-président de l’Aide sociale (un foyer-logement dans le quartier Saint-Roch porte d’ailleurs son nom), dans les années 1960, exerça aussi des fonctions politiques comme tous les membres de sa famille : il fut maire d’Entrevaux (Alpes de Haute-Provence), 

 

« Notes sur Henri-Louis Baréty rédigées par son père le docteur Alexandre Baréty ». Biographie manuscrite avec illustrations (photographies noir et blanc). Petit cahier manuscrit, s.d.

Service des Archives Nice Côte d’Azur, fonds Baréty (donation Baréty-Daure), cotation en cours