Nice, Vie des quartiers – La Lanterne

Le n° 43 du journal Nice, Vie des quartiers (mars 2020) est consacré au quartier de la Lanterne.

Le service des Archives vous y conte l’histoire du quartier

Le chemin de la Lanterne est un chemin rural du quartier de Carras, descendant des collines niçoises vers la mer, à l’ouest de Nice, le long de l’ancien vallon de Gattamua.

L’origine précise du nom est inconnue. Y aurait-il eu à Nice un « mont Lanterne », au sommet duquel se serait trouvé un fanal destiné à guider les bateaux pour leur permettre d’éviter les bancs de sable de l’embouchure du Var ? Ou bien la défense du « barri » – petit fortin de proximité – de ce quartier était-elle confiée à la corporation des ferblantiers ou fabricants de lanternes les lanternari ?

 

Les villas et le « Thé de la Reine »

Après le Mont-Boron, Cimiez, Gairaut, c’est au tour des collines de Fabron puis de la Lanterne d’attirer les riches villégiateurs. De nombreuses villas sont construites à partir des années 1905-1910 le long du chemin de la Lanterne, pour la bonne société parisienne (le comte Léon de Bertier de Sauvigny), genevoise (le banquier Arthur Privat et sa femme, comtesse de Méranville, etc.) ou internationale (l’Américaine Ethel Mc Lane…), mais également pour les notables niçois, comme la villa « La Niçoise » que fait édifier le maire Honoré Sauvan en 1909. La variété des noms qui leur sont donnés rappellent la fonction de divertissement de ces résidences secondaires : villa « Mikadouille » édifiée en 1925 par le célèbre architecte G. Dikansky, villa « Bagatelle », villa « Poema », etc.

 

Villa Costa-Bella, avenue de la Lanterne, carte postale, Giletta (Nice), entre-deux-guerres.
(Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 730).

Le Thé de la reine, L’Éclaireur du Dimanche, 5 juin 1921

Le « Thé de la Reine » à la Lanterne est considéré dans la première moitié du XXe siècle comme un des plus beaux coins champêtres de Nice, posé comme un mirador sur des hauteurs bercées par une douce brise, où Rémy Parola tient un restaurant « devant le plus beau panorama du monde ».

Les studios cinématographiques Eclipse

La Société Générale des Cinématographes Éclipse, l’une des sociétés les plus importantes des premières décennies du cinéma, à la suite des sociétés Pathé, Gaumont et Éclair, est fondée en 1906 par George Henri Rogers et Paul Joseph Roux, sur la base d’une agence préexistante de la firme anglaise Charles Urban Trading Company à Paris. En 1917, elle installe ses studios à Nice sur l’ancienne propriété Durandy, non loin des studios de son concurrent Gaumont installés à Saint-Augustin, et fait l’acquisition de la villa « La Tour de Carras » en 1921. La société cesse ses activités en 1929 ; non loin de là, les studios de la Victorine font perdurer l’activité cinématographique du quartier jusqu’à nos jours.

Demande de la société générale des Cinématographes « Eclipse » pour construire des hangars et ateliers dans l’ancienne propriété Durandy, avenue de la Lanterne, 1917 (Archives Nice Côte d’Azur, 2 T 308/31).

Du chemin de la Lanterne aux accélérateurs de proton

En 1981, l’écrivain Louis Nucéra reçoit le prix Interallié pour son roman Le Chemin de la Lanterne. Amoureux de sa ville natale, il a consacré plusieurs ouvrages à ses quartiers. Ce « chemin » de la Lanterne, il le sillonne avec son vieil oncle Antoine (Antonio Genaro), survivant de la Grande Guerre, à l’aube de ses 88 ans. L’oncle le berce de souvenirs familiaux, témoigne de la vie du quartier d’antan et évoque son grand amour de jeunesse, Rose, disparue lorsqu’il était au front.

​Le côté villageois de la Lanterne s’est en effet estompé dès les années 1940-1950, avec l’urbanisation des hauteurs de la Lanterne où une nouvelle école, « Les Magnolias », qu’on doit à l’architecte niçois Benjamin Erena, est édifiée à la fin des années 1950 puis agrandie en 1963.

 

 

 

Enfants jardinant dans la cour de récréation de l’école de La Lanterne, photographie noir et blanc, juin 1970 (Archives Nice Côte d’Azur, fonds du service photographique).

L’ école « Les Magnolias », photographie noir et blanc, années 1960-1970. (Archives Nice Côte d’Azur, 3 Fi 96)

En août 1974, c’est au tour de la pépinière municipale de la Lanterne de céder sa place à un autre groupe scolaire, celui de la Lanterne.

Pépinière de la Lanterne, photographie noir et blanc, 1949.  (Archives Nice Côte d’Azur, 1064 W 430).

Fin 1968, les services de la Mutualité Agricole des Alpes-Maritimes s’installent dans une construction à l’architecture avant-gardiste qualifiée, à l’époque, de « tour ultra-moderne ».

À la fin des années 1980, le ministère de la Santé autorise la construction du « Centre azuréen de radiothérapie avancée » (CARA) qui doit accueillir le futur cyclotron du Centre Antoine-Lacassagne. L’imposante machine de traitement des cancers « Médicyc » est mise en place, en 1989, dans un coffre de béton au sommet de la colline. Ce premier accélérateur de protons de basse énergie installé en France, dédié aux tumeurs oculaires, est inauguré en 1991.