Nice dans les collections allemandes

A la fin de l’été 2022, Nice a été classée première destination touristique de France, 4e destination touristique en Europe.

La vocation touristique internationale de la ville de la villégiature d’hiver de riviera n’est pas récente et il n’est donc pas rare de trouver dans les albums de souvenirs des particuliers, les collections photographiques des services d’archives et des bibliothèques de par le monde, de nombreuses vues de Nice à travers les âges : estampes des XVIIe et XVIIIe siècles, albums lithographiés du XIXe siècle, cartes postales et photographies, de la Belle Époque du tourisme aristocratique aux Trente glorieuses du tourisme de masse… et réseaux sociaux de notre siècle (#ILoveNice, etc.)…

A l’occasion du Jour de l’Unité allemande, nous vous proposons aujourd’hui une visite des archives allemandes.

 

Les Allemands à Nice

Les Allemands constituaient en effet la première colonie étrangère de Nice en 1914. De nombreux hôtels, restaurants ou salons de thé niçois devaient leur prospérité à des hôteliers ou confiseurs allemands, suisses ou autrichiens, tels le célèbre Rumpelmayer… ou le grand-père maternel du maire Jacques Médecin, le Saxon Wilhelm Meyer (1850-1941), propriétaire du Palace Hôtel ! La prestigieuse galerie d’art munichoise de D. Heinemann avait une succursale niçoise 13 promenade des Anglais au tournant du siècle. Nice a encore accueilli, dans les années 1930, des intellectuels allemands (Heinrich Mann, etc.) ou de très nombreux Juifs germanophones fuyant le nazisme.

Enfin, l’édition de cartes postales allemande, spécialisée notamment dans la chromolithographie, a largement contribué à la notoriété de Nice dans le monde : en témoignent, dans nos collections, les cartes diffusées par L. Gross, installé à Nice et associé à Stengel à Dresde, Schmidt & Staub à Nuremberg ou Louis Glaser à Leipzig.

Archives du Bade-Wurtemberg

Rappelons que les rois de Wurtemberg étaient des hôtes assidus de Nice avant et après l’Unité allemande de 1871, et que la grande duchesse Stéphanie de Bade était morte à Nice en 1860. En leur honneur, l’espace vert créé en 1887 le long des boulevards Gambetta et Victor-Hugo portait donc leur nom jusqu’à la déclaration de guerre en 1914, date à laquelle le conseil municipal rebaptise le square Jardin Alsace-Lorraine.

A Stuttgart (Hauptstaatsarchiv Stuttgart), dans le fonds du Cabinet royal, la correspondance des rois de Wurtemberg, Guillaume Ier puis Charles Ier, lors de leurs séjours en villégiature à Nice dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Non numérisée, la correspondance du consul à Nice, notamment durant l’épidémie de choléra.

A Karlsruhe (Generallandesarchiv Karlsruhe), non numérisées mais fort intéressantes, les archives du consulat de Bade à Nice dans les années 1840-1850. Plus anecdotique, un album de paysages du sud de l’Europe (Landschaftsfotografien aus Südeuropa) contenant une quarantaine de vues de Lugano, Nice et du Cap Martin, vers 1900.

Fotosammlung Willy Pragher, Landesarchiv Baden-Württemberg / Staatsarchiv Freiburg

A Fribourg (Staatsarchiv Freiburg), le legs Willy Pragher (W 134) est constitué de près de 6.000 plaques de verre. Le séjour de la famille à Nice à la fin des années 1920 a donné lieu à plusieurs clichés pittoresques dont le nourrissage des mouettes devant la Jetée-Promenade ou une bande de gamins du Vieux-Nice.
Quant au fonds Ada Suermondt (T 100), il contient un album de clichés datant de 1907-1908 : vues de Gênes, Nice, Monte Carlo, Cannes, tournois de tennis, etc. Il n’est pas encore accessible en ligne.

Le fonds Hermann Albrecht Insinger

aux Archives municipales de Bielefeld

Ce fonds, récemment signalé par nos homologues rhénans, comprend à peu près 7.000 négatifs (photographies et vues stéréoscopiques) réalisés par Hermann Albrecht Insinger (1827-1911), un commerçant, politicien et photographe néerlandais qui vécut à Paris et fit de nombreux voyages en Europe.

Parmi ses images, figure une trentaine de vues stéréoscopiques prises à Nice en février 1902, les incontournables du tourisme de la Belle Époque : la Promenade des Anglais, la Jetée-Promenade, la place Masséna et une bataille de fleurs.

Bildarchiv Hermann Albrecht Insinger, Stadtarchiv Bielefeld

Un fonds inédit à découvrir ici : Nizza/Nice | Flickr

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Parcourez les collections allemandes

Attention, en allemand, comme en italien, Nice se dit Nizza !