Guy Rottier : Variations Arman

Vous pouvez, à partir du 15 janvier, découvrir de très nombreuses pièces issues du fonds Guy Rottier déposé auprès du service des Archives de Nice Côte d’Azur dans l’exposition du Forum d’urbanisme et d’architecture de Nice, Les Variations Arman. Orchestration par Guy Rottier.

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Forum d’Urbanisme et d’Architecture de la Ville de Nice
50 boulevard Jean-Baptiste Vérany
06300 NICE
Tél : +33 (0)4 97 13 31 51

Quand et Qui ?

Dates : 15 janvier-13 mars 2020
Commissariat : Véronique Hours et Fabien Mauduit, architectes

Le fonds Rottier en dépôt aux Archives de Nice Côte d’Azur

Depuis le décès de l’architecte Guy Rottier à Nice en 2013, un riche fonds constitué de plans, dessins, photographies et objets était resté propriété de sa fille et ayant-droit. Elle a fait le choix en 2016 de confier cet ensemble documentaire exceptionnel en dépôt à la Ville de Nice avec pour objectif de faciliter l’accès aux sources pour étude, d’assurer une conservation optimale des œuvres (menacées de détérioration) et de favoriser le maintien à Nice d’un fonds cohérent sur un artiste majeur — et seul architecte — de l’École de Nice.

Parallèlement au travail d’inventaire et d’analyse scientifique de ce fonds, dont le classement définitif aux Archives de Nice sera achevé en 2020, le Forum d’Urbanisme et d’Architecture a engagé dès 2017 un travail d’exposition et de médiation autour de l’univers de l’architecte.

 

La maison de l’artiste Arman à Vence

Des quelques villas que Guy Rottier réalisa, celle qu’il conçut pour le sculpteur Arman est la plus singulière.

En premier lieu, les conditions de sa conception furent complexes, celle-ci se partageant entre l’agence de Nice, au début du projet, et Damas, pour les phases ultérieures. Elles furent également heurtées, avec un client exigeant et au programme à la fois flou et évolutif, et un processus de concertation passant pour beaucoup par une correspondance croisée entre la France, les États-Unis (où Arman séjournait fréquemment) et la Syrie  — une correspondance émaillée de croquis mutuellement corrigés, alternant des phases de grande exaltation, mais aussi de grands emportements (avec parfois des mots d’une extrême dureté de la part d’un Arman catégorique sur le travail d’un Guy Rottier occasionnellement désabusé).

La conception de la maison marqua surtout pour Guy Rottier un moment de basculement dans la pratique générale du projet. Dès lors, ce dernier devint le réceptacle de recherches dans lesquels il s’engageait, dans l’esprit de liberté et d’émulation que lui procuraient la fréquentation de l’École de Nice et celle du GIAP de Michel Ragon. On retrouve ainsi à Vence une application de son concept d’architecture enterrée, la villa étant enchâssée dans un sol en partie reconfiguré par terrassement, avec un plan ouvert suggérant un effet de transparence panoptique. Le principe de ses lumiducs, canons à lumière canalisant les rayons du soleil au cœur d’espaces aveugles, s’y retrouve appliqué. Les chambres d’amis, aux multiples esquisses préliminaires de principe, sont conçues comme des structures mobiles, sur le modèle typologique des maisons de vacances sur fils.

Le processus de conception de la maison (documenté de manière très précieuse par ces archives dans toutes ses composantes et épisodes) a été une aventure à l’échelle des protagonistes : un client singulier, dont la notoriété d’artiste explosait au moment du projet, ce qui impacta la relation de travail avec son architecte ; un concepteur qui vivait une période charnière de son engagement, et partant de sa production.

Ce processus demeure iconique jusque dans sa conclusion : transformée par d’autres mains que la sienne propre (notamment par des interventions artistiques), Guy Rottier renonce à sa “paternité” sur le projet, sans pathos excessif et au nom d’une acception très tolérante de la propriété intellectuelle sur les œuvres d’architecture :

J’estime qu’un propriétaire a le droit absolu de choisir son architecte et de modifier ou de détruire ce qui a été construit pour lui : en aucun cas je [ne] veux faire référence au droit imbécile qui fixe l’architecture dans le temps, en interdisant toute modification d’une œuvre sous prétexte de droit d’auteur et du respect d’une œuvre d’art alors qu’elle est un art essentiellement mouvant.

Un projet hors norme en toutes choses.

A voir dans l’exposition du Forum d’urbanisme et d’architecture :

Au fil du chantier

Les croquis préparatoires

Service des Archives Nice Côte d’Azur – Fonds Guy Rottier, 19 Fi (cotation en cours)

Les plans

Service des Archives Nice Côte d’Azur – Fonds Guy Rottier, 19 Fi (cotation en cours)

Photographies à la livraison

Service des Archives Nice Côte d’Azur – Fonds Guy Rottier, 19 Fi (cotation en cours)

Propositions de lumiduc

L’architecte envoie à son client plusieurs propositions de lumiduc pour sa villa entre 1973 et 1975.

Service des Archives Nice Côte d’Azur – Fonds Guy Rottier, 19 Fi (cotation en cours)

La villa Arman dans l’œuvre de Rottier

Le concept de lumiduc

Dessin au feutre, [1975-1990].

Service des Archives Nice Côte d’Azur – Fonds Guy Rottier, 19 Fi (cotation en cours)

Architecture enterrée

Collages signés par l’artiste

Service des Archives Nice Côte d’Azur – Fonds Guy Rottier, 19 Fi (cotation en cours)

Maisons de vacances sur fil

Service des Archives Nice Côte d’Azur – Fonds Guy Rottier, 19 Fi (cotation en cours)

Cité de vacances sur fil

Collage et feutre, 1974

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