Population légale (2017) : 18 465 habitants
Altitude moyenne : 325 m.
Superficie : 39,2 km²
Ancienne intercommunalité : communauté d’agglomération de Nice Côte d’Azur (CANCA)
Périmètre du parc naturel régional des Préalpes d’Azur
Vous voulez faire diversion aux plaisirs de Nice, sortez par le faubourg Sainte-Hélène, suivez la mer, et arrivez au pont du Var. Il vous faut le passeport obligé. Vous traversez cette longue passerelle de bois en désirant que l’entente cordiale entre la France et le Piémont unisse les deux pays par un beau pont de pierre.Vous voilà sur le territoire de France. (…) Vous avez traversé Cagnes. Tournez à droite, vous n’avez plus qu’à marcher dans cette route magnifique qui vous montrera Vence après une heure et demie. (…)
Vous avez gagné les hauteurs. Oh ! l’admirable panorama ! dans le fond des vallées, au pied des chaînes de l’Esteron, c’est Saint-Jeannet, c’est Vence. A gauche, la tour mauresque de Villeneuve et son château, le bois du Loup, Antibes et son phare, l’Esterel, la Colle, et la jolie petite ville de Saint-Paul. J’ai beaucoup à vous raconter pour vous rendre la route encore plus agréable.(…) Adieu, la vallée, adieu, la mer, pour quelque temps. Nous avançons maintenant comme au milieu d’un grand et magnifique jardin, et dans vingt minutes nous sommes à Vence. (…)Le Grand Jardin de Vence. L’ancien jardin des seigneurs, qui forme aujourd’hui la grande place de Vence, a retenu son ancien nom. C’est là que venaient autrefois s’ébattre sous de beaux marronniers, les descendants de Romée de Villeneuve. Aujourd’hui tout le peuple vençois, sous les platanes qui ont remplacé les marronniers, promène ses loisirs. Les anciens du pays parlent du vieux temps, des droits seigneuriaux, des biens pu des maux que nous a légués le siècle écoulé. Oseraient-ils se plaindre du passé ? Ils ne se trouvent pour la plupart ni plus riches, ni plus puissants. Leur ville, simple chef-lieu de canton, a de moins des noms illustres, et des pontifes avec leur vénérable cortège. Hélas ! Qu’avons-nous gagné à toutes nos révolutions ? Le Grand-Jardin de Vence offre un tableau des plus animés, surtout aux jours de fête et de dimanches. Quand tout chôme, les hommes et les jeunes gens s’y réunissent en groupe ; les uns jouent à la boule, d’autres forment des cercles et conversent. Un grand nombre se promènent : ce sont ordinairement les plus graves personnages, les notables du pays. Le grand chapeau à larges bords, noir ou blanc ; l’habit veste de couleur noire, le col blanc, rabattu sur l’habit, tel est le costume des ouvriers et des laboureurs endimanchés. Médecin, magistrats, autorités, le chapeau excepté, sont à la mode parisienne. Vous ne voyez que des hommes, rarement quelques dames, se promener au Grand-Jardin, à moins qu’il n’y ait quelque jongleur ou quelque baladin. (…) Quand il n’y a ni ballon ni comédie, on cause des nouvelles du jour, de la récolte des huiles. Je ne dis pas qu’on y médise ou s’y querelle. On n’y danse presque jamais.
Eugène Tisserand, Un touriste à Vence, 1855
Le diocèse de Vence (Ve siècle-1801)
Le Var séparait les diocèses médiévaux de Nice et de Vence ; après la Dédition de 1388 il servit de frontière aux possessions du comte de Provence et à celles du comte de Savoie ; puis de ligne de partage entre le royaume de France et celui de Piémont-Sardaigne.
Le diocèse de Vence confinait avec le Var, l’Estéron et le Loup. Il comprenait Andon, Bézaudun, Bouyon, Caille, Courmes, Courmettes, Coursegoules, Dosfraires, Gréolières-Basses, Gréolières-Hautes, Malvan, Saint-Paul, Thorenc, Tourrettes, Valettes, Villeneuve, et, sur le territoire de la Métropole Nice Côte d’Azur : Le Broc, Cagnes, Carros, Gattières, Saint-Jeannet, Saint-Laurent, Vence.
Ce petit diocèse est supprimé à la suite du concordat de 1801.
L’évêque de Vence officiait dans la cathédrale de la Nativité de Marie, qui renferme un sarcophage du Ve siècle supposé être celui de saint Véran. On doit à Marc Chagall, qui a fini sa vie à Vence – il est enterré dans le petit cimetière de Saint-Paul-de-Vence -, la mosaïque du baptistère (Moïse sauvé des eaux).
Le chapitre de la cathédrale de Vence s’excuse auprès des syndics de retenir le médecin niçois qui soigne encore l’architecte de la cathédrale, maître Jean, 1400
Papier, manuscrit (latin). Archives Nice Côte d’Azur, GG 39/1
Une petite ville à l’abri de ses remparts
Entourée de remparts, Vence attire les visiteurs venus voir les « Colonnes des Marseillais », vestiges d’un arc de triomphe romain, la cité médiévale, le château de Villeneuve (XVIIe siècle) et les nombreuses fontaines, portes et ouvrages d’architecture qui se révèlent au gré des rues étroites.
En 2016, une fouille archéologique préventive menée par le Service d’Archéologie de Nice Côte d’Azur précède les travaux de requalification du boulevard Paul-André : localisée au pied de la porte du « Portail-Levis », cette opération a permis de mettre au jour les vestiges de la tour médiévale du XIVe siècle, du fossé défensif qui lui était associé et d’un chemin d’accès à la vieille ville, apportant de nouvelles informations pour la compréhension historique du territoire vençois à l’époque médiévale.
Vençois posant devant la cathédrale, carte postale Raynard (Vence), début XXe
Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 6019 (don Louis Cappatti)
Promenade dans Vence en 1901
Vence. Porte de la vieille cité
Photographie J. Juhel, mars 1901. Archives Nice Côte d’Azur, 3 Fi 8/43
Vieille Cité : porte de la Plaine
Photographie J. Juhel, mars 1901. Archives Nice Côte d’Azur, 3 Fi 8/45
Le Baou des Blancs
Le pays vençois est connu pour son paysage escarpé de « baous », offrant aux randonneurs de magnifiques points de vue panoramiques et notamment l’alignement Baou des Blancs / Baou des Noirs / Baou de Saint-Jeannet / Baou de la Gaude, résultat d’un chevauchement géologique (faille inverse où un bloc du Jurassique Moyen est venu se poser sur une formation plus récente, du Miocène Inférieur, suite à des mouvements tectoniques). Le terme vient du provençal baus, prononcé « baou » signifiant aplomb, falaise ou escarpement rocheux.
Le Baou des Blancs (ainsi nommé car les Pénitents blancs s’y rendaient en procession au Moyen-âge et à l’époque moderne depuis Vence) donne sa signature typique au paysage de la ville.
La desserte ferroviaire
La gare de Vence. Carte postale Giletta (Nice), début XXe.
Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 6045 (don Louis Cappatti)
Sous la Troisième République, le train contribue au désenclavement de l’arrière pays niçois et favorise la mobilité aussi bien des populations qui viennent travailler à Nice dans le commerce, l’hôtellerie, la restauration, que celle des touristes, Niçois ou hivernants, partant en excursion à la découverte de petites bourgades en retrait de l’agitation de la Côte. A ceux-ci, « Vence la Jolie » se vend comme une destination touristique au « climat méditerranéen atténué ».
Entre 1888 et 1925, c’est la compagnie des Chemins de fer du sud de la France qui exploite la ligne « Central Var », ligne à voie métrique Nice / Meyrargues, via Colomars, Vence, Grasse, Draguignan, Barjols et Rians. Les éditeurs de cartes postales sont très friands des impressionnants ouvrages d’art édifiés entre Grasse et Colomars : viaducs en maçonnerie du Pont-du-Loup, de la Pascaressa, de la Téolière, de la Cagne ou tunnel de Saint-Jeannet.
En proximité, de Cagnes à Vence, un tramway emprunte le viaduc du Malvan entre 1911 et 1932.
Récit d’une sortie scoute mouvementée à Vence avec un déraillement du train des Pignes, novembre 1942.
Archives Nice Côte d’Azur, 53 S 15 (fonds Simon)
Quartier de Fonzery, carte postale Raynard (Vence), vers 1913.
Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 6050 (don Louis Cappatti)
Viaduc de Malvan, carte postale Cagnoli (Vence) et Lévy-Neurdein (Paris), début XXe.
Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 6055 (don Louis Cappatti)
Terrain d’expériences pédagogiques
Célestin Freinet naît en 1896, à Gars, un village du haut-pays grassois, quatrième enfant d’une famille paysanne. Il fait ses études à l’école primaire supérieure de Grasse, puis à l’école normale de Nice, afin de devenir instituteur.
Mobilisé en 1915, il arrive au front en avril 1916, avec le grade d’aspirant. En octobre 1917, il est très gravement blessé dans les combats du Chemin des Dames ; la blessure par balle engendre une pleurésie. Il revient au pays avec un taux d’invalidité de 70%, après avoir passé quatre ans dans des hôpitaux.
Son handicap respiratoire lui interdisant de faire le métier selon la tradition du cours magistral, il est contraint d’inventer une nouvelle façon de faire la classe, d’abord au Bar-sur-Loup puis à Saint-Paul-de-Vence, selon les principes de la pédagogie active du mouvement de l’École nouvelle. En 1924, il met en place la première correspondance scolaire. En 1926, il introduit l’imprimerie au sein de sa classe. Il crée la Coopérative de l’Enseignement Laïque (C.E.L.) qui permet de diffuser les outils nécessaires à la pédagogie nouvelle. Également institutrice, Élise Lagier-Bruno devient sa femme en 1926.
Proche du parti communiste, il est victime d’une campagne de dénigrement et se voit écarté de l’Éducation Nationale en 1933. Il doit alors quitter l’école communale de Saint-Paul de Vence et, avec ses soutiens amis, intellectuels, paysans locaux, immigrés et réfugiés, il construit à Vence son école, « Le Pioulier » (1935).
Premier poste de Célestin Freinet : Le Bar-sur-Loup.
Vue prise de la Gare, carte postale Giletta (Nice), premier tiers du XXe siècle. Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 1104 (don Louis Cappatti).
La signature du pacte germano-soviétique vaut des poursuites aux communistes français et Freinet est placé en détention dans le camp de concentration de Saint-Maximin le 16 mars 1940. Libéré mais en résidence surveillée, il participe à l’organisation de la résistance et dirige le maquis de Vallouise, d’où est originaire sa femme, jusqu’à la libération de Gap, en 1944. Il meurt à Vence en 1966.
La pédagogie Freinet s’est élaborée dans une France de l’entre-deux-guerres encore massivement rurale, à un moment où l’école élémentaire constituait le seul horizon scolaire de la plupart des enfants, et a été portée et impulsée par un réseau coopératif d’éducateurs.
La bibliothèque de travail (BT)
La bibliothèque de travail (BT) est une revue documentaire destinée aux enfants, créée en 1932 par Célestin Freinet. Les Chantiers de l’ICEM (Institut coopératif de l’école moderne) préparent les manuscrits et les testent dans les classes avant l’impression.
Terrain d’expériences picturales
La chapelle du Rosaire du couvent des Dominicaines a été conçue par l’architecte Auguste Perret (1874-1954) et décorée par le peintre Henri Matisse (1869-1954), alors installé à Nice, au Régina, à la demande de son ancienne infirmière, Monique Bourgeois, en religion sœur Jacques-Marie. Érigée à partir de 1949 à 1951, elle est consacrée le 25 juin 1951.
Les grands vitraux tricolores (jaune, vert et bleu) inondent de lumière les murs blanchis à la chaux et les trois grands tableaux en traits noirs sur céramiques blanches évoquant saint Dominique, la Nativité et le chemin de croix.
Le musée Matisse de Nice possède d’importantes œuvres autour de la chapelle du Rosaire : treize maquettes de chasubles et vêtements sacerdotaux, trois maquettes de la chapelle, deux essais du vitrail La Jérusalem céleste et la maquette pour Les Abeilles, deux grands dessins autour du Saint Dominique.
La chapelle du Rosaire. Carte postale P. Eggermont (Vence), vers 1956.
Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 6063 (don Louis Cappatti).
Terrain d’expériences architecturales
L’architecte Guy Rottier (1922-2013), ancien collaborateur de Le Corbusier, est l’auteur de la maison du célèbre artiste Arman (1928-2005) à Vence, en 1968-1969, sur les principes de sa « maison évolutive escargot ».
Il avait déjà, en 1959-1961, construit à Vence pour Francis Rosa la villa La Palette et l’immeuble Le Panoramic sur le boulevard Jean-Maurel.
Adresses utiles
- Le site de la ville de Vence
- Le site du Parc naturel régional des Préalpes d’Azur
- Plan sur la cartothèque de la Métropole
- Chiffres détaillés sur le site de l’INSEE
En savoir plus
Documentation patrimoniale :
- Vence sur la Plateforme Ouverte du Patrimoine
- Vence aux Archives Nice Côte d’Azur
- la chapelle du Rosaire au musée Matisse
Ouvrages de référence :
- Histoire de Vence, cité, évêché, baronnie, de son canton et de l’ancienne viguerie de Saint-Paul du Var / par l’abbé Eugène Tisserand, E. Belin (Paris).
- Vence et ses monuments d’après les archives / par Jacques Daurelle, Société d’imprimerie méditerranéenne (Nice), 1934.
- Vence la jolie / par Louis Cappatti, Graphismes (Nice), 1950.
- Vence / par Robert Sadoul, Syndicat d’initiative (Vence), 1952.
- Vence / par Raymond Besson, Société d’imprimerie méditerranéenne (Nice), 1954.
- Une Cité provençale dans la Révolution : chronique de la ville de Vence en 1790 / par Georges Castellan, Flammarion (Paris), 1978.
- Le balcon de la Côte d’Azur : de Grasse à Vence et à Saint-Paul / par Daniel Petite, Edisud (Aix-en-Provence), 1983.
- Histoire de Vence et du pays vençois / par l’association pour la défense et la promotion du patrimoine vençois (Vence), 1992.
Archives :
- Archives de l’Évêché de Vence aux Archives départementales des Alpes-Maritimes (1 G)
- Archives anciennes de la commune et de l’hôpital de Vence aux Archives départementales
- Fonds Célestin Freinet aux Archives départementales (161 J)
- Fonds Célestin Freinet à la Médiathèque de Vence
Marcher
- Le Plan des Noves, 3 heures, 250 m. de dénivelé
- Le circuit des Blaquières, 3 heures, 300 m. de dénivelé
- Le circuit du Malvan, 3 heures, 300 m. de dénivelé
- Visiter la chapelle du Rosaire, chef d’œuvre d’Henri Matisse.
Pédaler
- Le col de Vence en montant, 5 heures 30, 86 km, 1737 m. de dénivelé
- Le col de Vence en descendant, 3 heures 30, 55 km, 1034 m. de dénivelé
















