Venanson, un village de la Vésubie

Population légale (2017) : 159 habitants
Altitude moyenne : 1.160 m.
Superficie : 17,98 km²

Ancienne intercommunalité : communauté de communes de la Vésubie

Deux lieux sous l’affluent de la Tinée et toujours du côté gauche, dans le territoire de Savoie, le Var est notablement grossi de la Vésubie dont nous verrons qu’elle a peut-être donné son nom aux peuples vésubinaniens. Dans plusieurs actes de donation anciens, on voit le nom de fluvius Visobia, Vesubius selon le père Riccioli. Elle naît en partie dans le lac de Fenestre et en partie d’autres lacs qui sont situés sur les montagnes de Saint-Martin. Ces ruisseaux se réunissent sous ledit village et s’accroissent plus bas de la Gordolasque, qui prend sa source dans un autre lac appelé Agnel. Elle laisse à sa droite le village de Venanson puis, deux lieues en aval et à gauche, le bourg de Roquebillière où elle passe très près de l’église paroissiale située sur l’autre rive. Plus loin encore en aval, elle passe au ras du rocher sur lequel se trouve Lantosque, chef-lieu de cette vallée, souvent endommagée par cette Vésubie torrentueuse qui, comme en 1616, jeta à terre de nombreuses maisons et les emporta dans son sein. Poursuivant sa descente, elle arrive sous le territoire de Duranus, entre de très hautes et très étroites rives. Là, elle se divise en deux bras et formant à gauche comme un îlot, elle entre dans une grotte de tuf, appelée la “Toumbina” du Temple, où l’on peut voir l’eau déchaîner des tourbillons. La rumeur dit que, par un réseau souterrain, elle vient ensuite jaillir sur le territoire de Nice dans la fontaine dite du Temple, comme nous le raconterons plus longuement dans le chapitre 17 de cette chorographie. Puis, laissant là Utelle et ici Roccasparviera, elle passe enfin le pont dit du Cros et, entrée sur le territoire de Levens, elle s’y unit au Var.
 

Pierre Gioffredo, Chorographie des Alpes-Maritimes

Un village médiéval

Un château existe au XIIIe siècle occupant la plate-forme où se trouvent, aujourd’hui l’église et le cimetière. Après la Grande Peste, la population décline, et le village frôle l’abandon. C’est seulement grâce à un renouveau économique, qui s’amorce en montagne au XVe siècle, que l’agglomération peut renaître. Un indice important de la nouvelle richesse de cette fin du Moyen-âge réside dans la qualité des peintures murales de la chapelle Sainte-Claire, exécutées en 1481. A partir de cette date et durant le XVIe siècle, le village est reconstruit en utilisant la place disponible au lieu de se serrer à l’intérieur d’un ancien rempart.

Aujourd’hui, le village de Venanson présente donc une structure peu rigoureuse : n’étant pas enfermée dans une enceinte, la bordure de l’agglomération, à l’exception de l’à-pic, est souple, floue. Les maisons sont réparties le long de rues qui sont d’anciens chemins convergeant vers l’église, c’est-à-dire vers la partie la plus ancienne du village.

L’architecture est essentiellement constituée de maisons de montagne où le bois s’allie à la pierre. Outre quelques décors du XIXe siècle, vigoureusement taillés dans le bois des portes, on remarque de nombreux encadrements d’ouvertures, en pierre, mis en place entre la fin du XVe et le XVIe siècles.

Le village de Venanson, carte postale, Giletta (Nice), fin XIXe-début XXe.
Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 6001

Jean Baleison, Décor peint de la chapelle Saint-Sébastien de Venanson : les fossoyeurs débarrassent les cadavres des morts de la peste (fin XVe siècle).

Le patrimoine religieux

L’église paroissiale Saint-Michel et la chapelle Saint-Sébastien dite Sainte-Claire sont protégées au titre des monuments historiques.

La chapelle, dont la décoration est achevée en 1481, constituait une « chapelle barrière » destinée à protéger le village contre la peste d’où sa dédicace à saint Sébastien, saint « pesteux ». Le magnifique programme décoratif de peintures murales à la détrempe est dû à l’artiste piémontais Giovanni Baleison, comme ceux de Notre-Dame des Fontaines à La Brigue, Saint-Sébastien de Lanslevillard (Savoie) ou de Celle di Macra, val Maira (Piémont, province de Coni/Cuneo).

Le lait des alpages

On trouve trace d’un quinzaine de coopératives laitières dans le département des Alpes-Maritimes, surtout situées dans les hautes vallées du Var à l’ouest, de la Tinée et de la Vésubie au nord, de la Roya et de la Bévéra à l’est. Ces régions d’élevage, où les voies de communication avec les grands centres étaient rares et difficiles, ne pouvaient sortir de leur autarcie qu’en mettant leurs moyens en commun. C’est ainsi que les coopératives laitières se constituèrent très tôt, peut-être dès 1882 à Roquebillière, certainement en 1902 à Guillaumes, et, pour la plus récente, en 1936 à Venanson.

Les coopératives laitières tinrent une grande place dans l’économie du département en permettant à tous les hameaux isolés en montagne de trouver un débouché commercial sur Nice où la Centrale Laitière se constitua en 1933. Elles pasteurisaient le lait, le rendant ainsi transportable, et le transformaient en beurre quand les communications étaient difficiles ou quand la demande diminuait.

Le patrimoine fortifié

Dès les années 1890-1900, grâce à l’aménagement du camp des Granges de la Brasque, relié ultérieurement aux deux vallées par des routes militaires constituant de véritables acrobaties techniques, l’armée française s’est assurée la possession de la ligne de crête du massif du Tournairet, face à une éventuelle attaque italienne.

Le tracé oblique de la position et son éloignement rendaient cependant difficile la surveillance du versant est du col Saint-Martin, de la Haute-Vésubie et du vallon du Boréon : pour pallier cette lacune, entre 1930 et 1934, l’ouvrage d’avant-poste de Conchetas fut donc implanté, à Venanson, au sommet du Conquet, à 4 km en avant de la position de résistance (ouvrage de Caire Gros) sur un contrefort sud-ouest-nord-est de la crête du Tournairet.

La course de côte de Venanson

En août 1923 et juillet 1924, le Moto-Club de Nice organise une course de côte ouverte aux « vélomoteurs, motocyclettes, sidecars et cyclecars », réunissant des concurrents de Nice, Cannes, Grasse et Monaco, événement mondain autant que sportif à l’échelle des Alpes-Maritimes.

L’Éclaireur du dimanche, 12 août 1923.

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