Ménica Rondelly : « le barde niçois »

Chansonnier-journaliste d’expression nissarde, François-Dominique Rondelly voit le jour, à Nice, le 6 janvier 1854, rue Droite. Il fait ses études au lycée de Nice.

Engagé le 1er septembre 1870 dans les légions garibaldiennes, il est affecté au 1er bataillon de chasseurs des Alpes-Maritimes. De retour des armées, il trouve un emploi au Tribunal civil de Nice puis il repart effectuer son service militaire, en 1875, au 5e Zouaves à Oran. Deux ans plus tard, il regagne Nice et le 111e régiment d’infanterie.

On le retrouve ensuite fabricant de savon, avec son père, et représentant en vins ; avant la Première guerre, il est employé à la bibliothèque municipale puis au muséum d’histoire naturelle où il est nommé administrateur-bibliothécaire.

Ses occupations professionnelles laissent à cet amoureux de sa « petite patrie » le temps d’écrire et de devenir le « chantre ardent de son sol natal ».

Il fonde, en 1887, l’Union Garibaldienne ; en 1903, l’Académie Rancher ; en 1921, le Comité des traditions niçoises.

On lui doit :

  • des chansons (plusieurs centaines), d’abord, qui font sa notoriété, dont La rouseta de Nanoun, crée par Mary Legay à l’Eldorado et, surtout, A la mieù bella Nissa, sérénade qui devient (avec quelques remaniements) Nissa la Bella, créée au Politéama en 1903 avant de s’imposer comme « l’hymne niçois » ;
  • des couplets pour le Carnaval – entre 1903 et 1923, il est primé quinze fois par le Comité des fêtes de la Ville de Nice
  • des articles de presse: il est le fondateur, en janvier 1900, de La Ratapignata, « hebdomadaire dialectal satirique, humoristique, artistique et littéraire » ;
  • des pièces de théâtre : avec Antoine Augier, il écrit, en 1901, Lou Présepi Nissart, une comédie lyrique de Noël en trois actes
  • et divers textes, en français ou en niçois : Les grands événements de Nice 1860-1910, Le Pont vieux et le Paillon, La Vie politique d’Alfred Borriglione, Catarina Segurana

 

Deux poignées de chansons par Menica Rondelly (Archives Nice Côte d’Azur, fonds Montelatici)

Chansons et proverbes par Menica Rondelly (Archives Nice Côte d’Azur, fonds Montelatici)

Mais, il demeure celui qui, en 1908, sous l’égide du quotidien L’Eclaireur de Nice et du Sud-Est et d’un de ses journalistes, Léon Barbe, fait renaitre le festin des cougourdons à Cimiez (25 mars, jour de l’Annonciation), avant de mettre sur pied une « fête de printemps » pour faire revivre la tradition locale des Mais avec le soutien des comités de quartiers.

Le jury des roses de Mais. Au deuxième rang, on reconnaît Menica Rondelly (L’Éclaireur du dimanche, mai 1921).

Les membres du comité des traditions niçoises dans la voiture de M. Gaglio. Debout près de la portière et du drapeau niçois, Menica Rondelly (L’Éclaireur du dimanche, mai 1922).

En hommage à ce Niçois très populaire, le comité « Les Amis du Vieux Nice », prend l’initiative de l’érection d’un bas-relief, œuvre de la maison Bravi, inauguré le 6 mai 1934 place Sainte-Claire en sa présence.

Son décès survient un an plus tard, le 27 juin 1935. Ménica Rondelly repose au cimetière du Château. Une montée, partant de la place Sainte-Claire porte son nom.

« Avec sa cravate immuablement blanche, son chapeau de feutre ayant reçu un petit coup de poing, toujours souriant, toujours de bonne humeur, sa moustache bien noire, sa silhouette était très populaire ». (Victor Sayac)

Bas relief offert par Les Amis du Vieux Nice à Menica Rondelly, place Sainte-Claire, 1934. Cliché Ville de Nice, Éric Bertino, 2020

Tombe de Menica Rondelly au cimetière du Château, 1935. Cliché Ville de Nice, Éric Bertino, 2020

Fêtez les Mais

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Voici les paroles de Nissa la bella

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