Piano dans le salon de musique aux Palmiers

Ça se visite – La villa les Palmiers

 

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Loin de la cité, la campagne collinaire entre Var et Magnan ne fut guère exploitée avant le XIIIe siècle. Dans la première moitié du XIXe, sur les propriétés rurales qu’ils avaient acquises à la Révolution lors de la vente des biens des anciennes familles patriciennes, les négociants niçois implantèrent leurs maisons de campagne.

Après 1860, séduits par le calme de Fabron, des nouveaux venus, hivernants britanniques ou russes, en quête de chaleur et de lumière, transformèrent les domaines agricoles en demeures d’apparat de style troubadour, mauresque ou palladien tandis que de somptueux jardins d’acclimatation remplaçaient les cultures traditionnelles (orangers, oliviers, vignes et cougourdes).

 

Parmi eux le marchand d’art britannique Ernest Gambart, qui vint, dès 1870, se fixer à Nice où il racheta la propriété du négociant niçois Gastaud et fit, à la place d’une des quatre maisons de maître du domaine édifier à partir de 1873, par l’architecte niçois Sébastien-Marcel Biasini, la villa « Les Palmiers » dont la façade italianisante devait être revêtue de marbre de Carrare par le marbrier Bardi.

Portrait de Ernest Gambart

Portrait d’Ernest Gambart. Archives Nice Côte d’Azur, 3 Fi

Décor de chinoiseries dans le salon de la villa

Décor de chinoiseries dans le salon, cliché Ville de Nice – Eric Bertino

 

Après le décès d’Ernest Gambart, la propriété fut acquise en 1905 par le baron Alexandre von Falz-Fein qui transforma la demeure, aménageant une salle de danse en demi-cercle côté ouest, une grande serre côté est, adjoignant des tourelles « gothique-troubadour » et faisant creuser un lac artificiel dans le parc. Édouard Soulas, fortune faite en Argentine, fit l’acquisition en octobre 1924 de l’ancienne propriété Falz-Fein à Fabron pour la somme de 2,201 millions de francs. En 1925-1926, il demanda au paysagiste Octave Godard de repenser le parc : celui-ci fit tomber le kiosque de Gambart, l’étang et les serres du baron russe, les remplaçant par des terrasses à l’italienne et un jardin à la française autour d’un bassin central, agrémenté, au sud, d’un décor de fausses roches, le tout fortement inspiré par les jardins versaillais de Lenôtre, en accord avec les goûts du propriétaire qu’on retrouve à l’intérieur de la villa réaménagée dans un style néo-Louis XV : murs ornés de boiseries (bibliothèque), de marqueterie locale (entrée), de pastiches de scènes galantes (au 1er étage), de paysages flamands (dans la salle à manger) et de chinoiseries (dans le salon).

 

En 1951, son petit-fils, Édouard le jeune, hérita de la villa Les Palmiers. La demeure servit alors de décor à diverses réceptions et tournages de films (Lola Montès, Cela s’appelle l’Aurore, etc.) avant d’être vendue, en 1956, à un promoteur d’Oran, Henri Cantié. En 1958, les bâtiments de la résidence « Les Grands Cèdres » commencèrent d’encercler la villa, cédée à la Ville de Nice laquelle, en 1963, y installa ses Archives municipales.