Jordi Ballesta

Jordi Ballesta. Archiver la Voie Rapide

Palais de marbre

Du 22/11/2022 au 28/04/2023

Vernissage le 22 novembre 2022 à 11 h 30

· entrée libre ·

L’exposition

Jordi Ballesta, photographe et chercheur en études paysagères, propose un portrait photographique de la voie Pierre-Mathis, voie de circulation traversant d’est en ouest la ville de Nice. Tourné vers le contemporain, l’exposition Archiver la Voie Rapide donne à voir un portrait photographique, développé par Jordi Ballesta pendant une période de 18 mois. Son objet : l’autoroute urbaine, son détachement vis-à-vis du sol et les habitations qui regardent vers la circulation.

Anciennement « voie de dégagement vers le nord et l’ouest » puis « autoroute urbaine sud », officiellement « voie Pierre-Mathis », celle que les Niçois désignent communément « Voie Rapide », est aujourd’hui composée de deux fois deux voies, s’étend sur sept kilomètres, traverse une large partie de la ville et surplombe son centre urbain le long d’un viaduc – viaduc qui s’élève jusqu’au cinquième étage des bâtiments adjacents. Cette section aérienne comprend piles et tabliers, ainsi qu’une superstructure soutenant un auto-pont (selon le vocable technique). S’y greffent des toboggans ou viaducs métalliques démontables dont l’installation, à l’origine, était pensée comme provisoire. Aujourd’hui encore, ils connectent la voie suspendue et, au sol, le tissu urbain.

Au sein des Archives Nice Côte d’Azur, depuis 1940, des kilomètres de délibérations, de correspondance, entre le maire et ses administrés, de minutes annotées, de tableaux parcellaires, d’ordonnances d’expropriation, de permis de démolir, de construire, de dessins préparatoires, de plans et de cahiers photographiques détaillent la conception et le mode de construction de l’autoroute urbaine. L’exposition et le livre Archiver la Voie Rapide s’appuient sur la collecte, la sélection puis la mise au jour de ces documents produits depuis près de huit décennies. Il s’agit de comprendre la forme, les effets et le rôle de ce que d’aucuns considèrent comme une balafre dans le paysage local, mais qui peut être vu comme un des monuments majeurs du XXe siècle niçois.

Au-delà de l’histoire locale, Archiver la Voie Rapide propose d’envisager cette infrastructure comme une sculpture civilisationnelle, celle d’une civilisation automobile qui, par l’ingénierie de la construction et les technologies de circulation, autorise une mobilité sans entrave, étrangère aux contraintes du sol. Parallèlement à ce caractère sculptural et civilisationnel, se déploie sur l’asphalte et à son immédiate proximité des vies quotidiennes. Entre les collines et la mer, une partie de la population habite tout contre la Voie Rapide, parfois à quelques dizaines de centimètres de distance. Enfin, il est dans cette route un degré d’inachèvement, une part de désordres qui font l’objet de visites de contrôle, tandis que le centre de régulation du trafic, ses caméras, ses employés, surveillent constamment flux et activités, prévus et imprévus.
Les habitants, visiteurs, amateurs d’ouvrages d’art et d’histoires urbaines, vont ainsi découvrir des documents qui, d’ordinaire, sont logés dans les rayonnages des archives municipales et métropolitaines. Jordi Ballesta travaille à faire ressortir la qualité de leur matière documentaire, ainsi que leur poésie technique et administrative, qu’elle soit visuelle ou écrite.

Registre documentaire et démarche artistique

On doit à Jordi Ballesta : Grammaire de formes. Saint-Étienne, avec Guillaume Bonnel, Eric Tabuchi et Danièle Meaux, éd. Filigranes (2021) ; Photographier le chantier, avec Anne-Céline Callens, éd. Hermann (2019) ; ZUP n° 1, avec Fabrice Ney, éd. Arnaud Bizalion (2019) et Notes sur l’asphalte. Une Amérique mobile et précaire (1956-1989), avec Camille Fallet, éd. Hazan (2017).

Retrouver son travail en ligne :

Pour en savoir plus :

Plus d'informations :

  1. Le journal de l'exposition (pdf - 1,92 Mo)
  2. Le catalogue de l'exposition (pdf - 2,77 Mo)
  3. Nos activités autour de l'exposition (pdf - 607,04 Ko)
  4. Chronologie de la voie rapide (pdf - 1,99 Mo)
  5. Journée d'étude du 23 mars (pdf - 542,31 Ko)

· Infos pratiques ·

Horaires de visite

Du lundi au vendredi : 8 h 30 – 18 h sauf le lundi 10 avril 2023.

Fermeture annuelle du lundi 26 au vendredi 30 décembre 2022

Le livre

Jordi Ballesta, Archiver la voie rapide, éd. Building Books (2022), 220 x 300 mm, 128 pages, 29 euros

Autour de l’exposition

Visites commentées

  • Ouvertures exceptionnelles

Les samedis 3 décembre, 7 janvier, 4 février, 4 mars, 1er avril
– Visites libre de 14h à 18h
– Visites commentées en familles (dès 6 ans) à 15h
– Visites commentées pour les adultes à 16h

  • Médiations jeune public

– Un espace pédagogique
Du lundi au vendredi de 8h30 à 18h
Découvrez le monde des transports et des travaux dans l’espace pédagogique de l’exposition

– Visites à partir de 4 ans
« Tut-tut, l’histoire dune petite voiture qui se promenait sur la voie Mathis »
Les 15 et 22 février à 10h – vacances d’hiver
Les 19 avril à 10h et le 21 avril à 15h – vacances de printemps

– Visites à partir de 7 ans
« Raconte-moi la voie rapide »
Les 15 et 22 février à 11h – vacances d’hiver
Le 19 avril à 11h et le 21 avril à 14h – vacances de printemps

ou sur rendez-vous pour les groupes et les scolaires du 7 novembre au 28 avril 2022

Retrouvez notre offre de visites sur la page dédiée à nos actions pédagogiques.

Journée d’études Effacer la voie rapide ?

Le jeudi 23 mars 2023, de 13 h à 18 h, retrouvez le commissaire d’exposition, des chercheurs et les acteurs de l’Urbanisme à Nice lors d’une journée d’études aux Archives Nice Côte d’Azur.

Palais de marbre

9, avenue de Fabron 06200 NICE