Léopold Sedar Senghor, citoyen d’honneur de la Ville de Nice

Il y a vingt ans, le 20 décembre 2001, mourait le poète et chef d’État Léopold Sédar Senghor à son domicile de Verson en Normandie.

Senghor et la poésie africaine

Catholique, marié à une Française, cet agrégé de grammaire enseigne en France avant et après la guerre et vient à Nice donner des conférences au Centre universitaire méditerranéen (CUM), par exemple, en 1950, sur la poésie africaine alors qu’il est professeur à l’École nationale de la France d’outre-mer (ENFOM) – école qui formait les cadres de l’administration coloniale.

Avec Chants d’ombre, Hosties noires, Éthiopiques, Nocturnes et Lettres d’hivernage, sa propre œuvre poétique approfondit le concept de négritude introduit par Aimé Césaire.

En juin 1983, il est élu à l’Académie française au fauteuil d’Antoine de Lévis-Mirepoix.

Mais le poète sénégalais avait une passion toute particulière pour la danse, « premier art de l’homme, créé en Afrique ». Grand défenseur des arts vivants, il crée le Festival des arts nègres à Dakar, porté par la revue Présence Africaine et la Société africaine de culture (première édition en avril 1966 parrainé par André Malraux, Aimé Césaire, Joséphine Baker, Duke Ellington…).

Le festival importe le concept du Carnaval de Nice avec la visite d’une délégation officielle de la Ville de Dakar lors de l’édition 1985 du Carnaval à Nice. Aujourd’hui, le Grand Carnaval de Dakar se tient la dernière semaine du mois de novembre : il est l’un des seuls carnavals (avec New York et Notting Hill) à se dérouler en dehors de la période habituellement consacrée aux carnavals et coïncide avec le début de la haute saison touristique du Sénégal.

Senghor citoyen d’honneur de la Ville de Nice

Le 11 mai 1977, à l’occasion du Festival du Livre, Senghor est fait citoyen d’honneur de la Ville de Nice et titulaire d’une chaire du Centre universitaire méditerranéen. Le lendemain, il est le 27e lauréat du Prix littéraire monégasque.

Arrivé à l’aéroport de Nice par avion spécial de Paris, le président Senghor était conduit à la villa Masséna pour la cérémonie, puis au Négresco pour un déjeuner privé dans le salon Louis XIV, puis au Palais des Expositions où se tenait le Festival du Livre, et enfin au CUM avant de gagner Monte-Carlo puis Rome.

Et, en novembre de la même année, l’horticultrice antiboise Louise Meilland se voit décerner le Prix de la plus belle rose de France décerné pour sa rose rouge cardinal à 25 pétales dédiée au Président Léopold Sédar Senghor – l’entreprise Meilland fera breveter la marque « Président Léopold Sédar Senghor » en septembre 1987.

Les petits Niçois peuvent également s’ébattre dans le jardin Léopold Sédar Senghor de la rue Escoffier à Saint-Roch.

Rose Président Léopold Sédar Senghor

Senghor premier président de la République du Sénégal​

 

Député S.F.I.O. (1945-1948) puis leader du bloc démocratique sénégalais (1948-1958), président de la Fédération du Mali lors de la décolonisation en 1960, Senghor est ensuite, durant vingt ans, président de la République du Sénégal (septembre 1960-décembre 1980). Il est, pour ses partisans, le symbole de la coopération entre la France et ses anciennes colonies ; pour ses détracteurs, le visage du néocolonialisme français en Afrique.

Il assiste en mai 1965 à Nice au colloque L’adaptation de l’O.N.U. dans le monde d’aujourd’hui organisé au Centre universitaire méditerranéen (CUM) sous la présidence de René Cassin par l’Association pour le développement du droit mondial, en présence du sous-secrétaire des Nations unies et avec la participation de deux cents juristes et sociologues de vingt États.

 

Nice-Matin, 13 octobre 1971

En octobre 1971, le Président Senghor fait escale à Nice et dort au Négresco, sur la route de Persépolis où, chargé d’une mission délicate dans le règlement du conflit israélo-arabe, il doit assister aux fêtes du 2 500e anniversaire de la création de l’Empire perse.

 

1980 : le 7e sommet franco-africain à Nice

Senghor revient à Nice pour le 7e septième sommet franco-africain de Nice (8-9-10 mai 1980), quelques mois avant sa démission de la présidence de la République sénégalaise. Il s’agit du premier sommet organisé sur territoire national hors Paris (Vittel accueillera celui de 1983). Le deuxième choc et pétrolier et la sécheresse au Sahel sont les événements qui touchent au plus près les participants et la guerre civile qui déchire le Tchad s’invite aussi au sommet.

À l’ouverture des conférences, face à la crise tchadienne, le président Senghor exprime « l’intention de réunir de nouveau les onze tendances tchadiennes pour qu’elles soient entendues par la commission « ad hoc » de l’Organisation de l’unité africaine », dont il assure la présidence à titre intérimaire.

Pino Zac (1930-1985). Caricature de la France-Afrique du président Giscard d’Estaing.
Le continent africain est l’instrument de musique du président français, joueur d’accordéon. Dessin découpé dans l’hebdomadaire satirique Le Canard enchainé par le juriste Paul Isoart (1931-2013), professeur à la Faculté de droit de Nice, auteur de plusieurs ouvrages sur la décolonisation.

Archives Nice Côte d’Azur, 27 S 9

A lire

Les œuvres de Léopold Sédar Senghor sont disponibles dans le réseau des bibliothèques de Nice

A voir

Archives de l’Institut national audiovisuel, notamment le sommet africain de Nice au Palais préfectoral en 1980

Fresque thématique : les indépendances

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