Dans le cadre des olympiades culturelles Paris 2024, les Archives Nice Côte d’Azur s’associent à la Grande collecte des archives du sport sur le territoire de la Métropole Nice Côte d’Azur. #GrandeCollecteSport
Vous avez des documents sur le patinage artistique ou le hockey sur glace à Nice : confiez-les nous !
Nice est pressentie pour accueillir les épreuves de patinage artistique, patinage de vitesse, hockey et curling des jeux olympiques d’hiver 2030.
Une délégation du Comité international olympique (CIO) était à Nice ce jeudi 25 avril pour voir les différents sites pressentis pour les sports de glace : l’Allianz Riviera pour le hockey, le Palais des expositions pour le patinage artistique et le short-track, le Palais Nikaïa pour le curling et enfin le M.I.N. pour le village olympique. Au port, il y aurait le centre des médias. Il s’agirait d’installer deux patinoires provisoires et une, prévue pour durer, devant le terrain du stade.
A chaque olympiade, le patinage artistique est, de loin, la discipline préférée des Français et les retransmissions télévisées des épreuves sont parmi les plus suivies de ceux qui suivent les Jeux olympiques devant leur petit écran.
Retour sur l’histoire du patinage et des patinoires sur notre territoire.
Patinoires
La mode du « skating »
Sous l’influence des Anglo-Saxons qui ont transformé le moyen de locomotion des pays nordiques en distraction pour aristocrates en recherche de sensation, la vogue du patinage déferle sur la France sous le Second Empire et s’amplifie pendant la IIIe République, le patinage devenant alors un loisir très prisé de la haute société.
Des « skating rings » pour patineurs à roulettes ouvrent dans tous les quartiers de Paris, et, à Nice, rue Guiglia.
Patinoires naturelles
Dans la première moitié du XXe siècle, les conditions climatiques permettent la pratique du patinage sur glace en site naturel, dans les environs de Nice.
C’est l’âge d’or de la station de Peïra-Cava, à Lucéram, et les patineurs niçois s’y donnent rendez-vous aux Granges du Lac.
Patinage, sans doute à Peïra-Cava, première moitié du XXe siècle (Archives Nice Côte d’Azur, 13 Fi 188, fonds Baudoin)
Les palais de glace, ancêtres des patinoires
Toutefois, la pratique en extérieur reste soumise aux aléas climatiques. Les virtuoses de la glace rêvent alors de glace artificielle. La révolution du froid industriel arrive en Angleterre dès 1876. En France, à Paris, ouvre rue de Clichy une salle baptisée Le Pôle Nord, équipée d’une piste glacée de 720 mètres carrés sous laquelle courent d’immenses tuyaux « pleins de chlorure de calcium incessamment refroidi par de l’ammoniaque en mouvement » selon le système Stoppani-Fixary.
En 1893, le Palais de Glace s’installe sur les Champs-Élysées dans les murs d’un ancien panorama avec une énorme piste entourée d’un promenoir décoré de grands miroirs. Les patineurs profitent aussi du bar pour déguster boissons et chocolats chauds ; un orchestre de cinquante musiciens assure l’ambiance musicale. Le patinage reste un loisir très répandu jusqu’à la fin des années 1970 puis les patinoires ferment peu à peu : c’est ainsi que le Palais de Glace parisien est investi en 1981 par la compagnie Renaud-Barrault et devient le théâtre du Rond-Point.
Pour la même clientèle, Nice s’est également dotée d’un Palais de Glace, à l’orée du lotissement du Parc-Chambrun, dans le quartier Saint-Maurice. Edifiée par l’architecte Fratacci sur l’ancienne propriété du comte de Chambrun (décédé en 1899), cette patinoire a connu une histoire très brève puisque l’établissement ouvert en 1907 sera transformé en hôpital complémentaire pour contagieux au tout début de la Première Guerre Mondiale et finalement loti après guerre par les soins d’André Jacob pour le promoteur Albert Marquet. Malgré l’édition de cartes postales publicitaires et même d’une affiche illustrée par Albert Guillaume (1873-1942) dans l’esprit de celle conçue par Jules Chéret en 1895 pour son modèle parisien, le Palais de Glace niçois n’avait jamais atteint l’équilibre économique.
Le Palais de glace de Nice, carte postale publicitaire, début XXe siècle (collection particulière)
Glissades carnavalesques
Glissade triomphale, char de l’édition Roi du stade olympique, Nice, février 1977. Cliché du service photographique municipal (Archives Nice Cöte d’Azur, 860 W 1977/692)
La XCIIIe édition du Carnaval de Nice en 1977 met à l’honneur les jeux olympiques d’été (en souvenir des succès français aux jeux de Montréal) et d’hiver, malgré les piteuses performances françaises aux jeux d’Innsbruck.
Les médiocres résultats des patineurs, fruit du manque d’infrastructures pour s’entraîner sur le territoire, conduisent les pouvoirs publics à investir dans la construction de patinoires.
La patinoire de la plaine du Var
Dès1967, Jean Esnault, ancien directeur de la patinoire de Strasbourg proposait à l’adjoint aux sports de Jacques Médecin, Charles Ehrmann (1911-2011), de louer à la ville un terrain pour y implanter une patinoire. Finalement, il trouve lui-même, aux Iscles-Sainte-Marguerite (207 route de Grenoble), le terrain de 5 000 m² sur lequel, en 1968, il édifie une patinoire de 56 x 26 m, avec parking et bâtiments annexes (vestiaires, location de chaussures) : de nombreux Niçois et Niçoises ont pu y faire, tout au long des années 1970, leurs premières glissades et leurs premières chutes…
A l’exception du permis de construire, nous n’avons malheureusement aucun souvenir de la patinoire de la route de Grenoble aux Archives Nice Côte d’Azur.
Vous y avez passé vos mercredis ? vous vous y êtes cassé le bras ? vous y arboriez fièrement votre beau chandail jaune ? et vous avez gardé un ticket d’entrée, une photo, une brochure publicitaire ?
Confiez-les nous !
La patinoire municipale Jean-Bouin
Il faut encore attendre une dizaine d’années pour que la Ville prenne le relais de l’initiative privée et ne lance, à la demande du Comité départemental et d’académie de Nice des sports de glace, fondé en 1974, et grâce à l’action décisive de Charles Ehrmann, le projet d’édification d’un complexe sportif au-dessus du parking public Jean-Bouin édifié par l’architecte Georges-Xavier Marguerita (1922-2006) à partir de 1979 à l’emplacement de l’ancien stade d’athlétisme du XVe Corps, entre le palais des Expositions et la voie rapide urbaine. Cette patinoire olympique ouvre le 18 avril 1984.
Plans dressés par l’architecte Georges-Xavier Marguerita de la piscine-patinoire implantée aux 5e, 6e et 7e étages du complexe Jean-Bouin, 1984 (Archives Nice Côte d’Azur, 49 W 49)
Exhibitions artistiques
Nice accueille régulièrement des exhibitions artistiques sur glace ; ce sont des patinoires provisoires qui permettent aux représentations d’Holiday on Ice de se tenir au Palais des Expositions en 1975, 1976, 1977, 1982, 1983, 1985 et 1988. Les Niçois ont également la chance d’assister à des spectacles de Philippe Candeloro dans les années 1990.
Holiday on ice au palais des Expositions, septembre 1975. Cliché du service photographique de la Ville de Nice (Archives Nice Côte d’Azur, 860 W 1975/3468)
Philippe Candeloro en habits de lumière. Clichés Ville de Nice (Archives Nice Côte d’Azur, 859 W 115273, 115274 et 115280)
Clubs niçois
Le NCAP (Nice Côte d’Azur Patinage) puis son successeur, la NBAA (Nice Baie des Anges association) depuis 2009, forment les jeunes patineurs artistiques.
Les hockeyeurs constituent les Aigles de Nice, parmi lesquels on retrouve très souvent des Canadiens installés à Nice et désireux de remettre leurs « sticks on the ice ».
Plus récent, le Nice Curling Club, affilié à la Fédération Française des Sports de Glace (FFSG) depuis 2013, a su arracher successivement une seconde et troisième place en championnat de France.
Leçon de patinage à Jean-Bouin, années 1980-1990. Cliché Ville de Nice (Archives Nice Côte d’Azur, 1046 W 39/3)
Compétitions de haut niveau
L’équipe de France de patinage artistique a fréquemment posé ses patins sur la glace de la patinoire Jean-Bouin.
Pendant plus de vingt ans, Nice aura également accueilli la Coupe internationale de patinage artistique offrant aux amoureux de la glisse la possibilité de voir évoluer des athlètes venus de plus de vingt pays différents. La compétition renaît après la Covid-19 sous le nom de Trophée Métropole Nice Côte d’Azur. En octobre 2023 c’est Philippe Candeloro qui assure la présentation du gala de clôture.
En 2019, le premier tournoi international du Nice Curling Club fut un grand succès comptant 28 équipes, plus de 120 participants et accompagnateurs venus de toute l’Europe.
Rois et reines de la glace
Surya Bonaly
Née le 15 décembre 1973 à Nice d’une mère biologique réunionnaise et d’un père biologique ivoirien, la petite fille est adoptée par Suzanne et Georges Bonaly qui la prénomment Surya, mot qui signifie « Soleil » en hindi.
La famille s’installe ensuite dans une ancienne bergerie sur le territoire de Gilette, et Surya suit sa scolarité à la maison, pratiquant de nombreux sports (l’escrime, la danse classique, le plongeon, la gymnastique et le patinage artistique), entraînée par sa mère, professeure d’éducation physique et sportive.
C’est Didier Gailhaguet, lors d’un stage de l’équipe de France à la toute nouvelle patinoire de Nice, qui découvre la fillette et encourage la famille Bonaly à déménager à Paris pour s’entraîner à Champigny-sur-Marne.
Surya Bonaly a été neuf fois championne de France en solo (de 1989 à 1997) et une fois championne de France en couple en 1989 en compagnie de Benoît Vandenberghe. Elle a remporté seize médailles en Grand Prix ISU (dont dix médailles d’or), cinq titres de championne d’Europe (1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 2e en 1996), trois médailles aux championnats du monde juniors (3e en 1989, 2e en 1990, 1e en 1991) et trois médailles d’argent aux championnats du monde seniors (1993, 1994, 1995). Elle a également participé à trois éditions des Jeux olympiques (1992, 1994 et 1998), son meilleur résultat étant une quatrième place à Lillehammer en 1994. Elle détient également deux médailles mondiales en tumbling, une médaille d’or remportée lors des mondiaux espoirs en 1986 et une médaille d’argent acquise lors des mondiaux seniors par équipe la même année. Ce qui porte son palmarès à huit médailles mondiales (patinage artistique et tumbling confondus).
En 1992, c’est elle qui prête le serment des athlètes lors de la cérémonie d’ouverture des Olympiades d’Albertville.
Surya Bonaly est la créatrice d’un mouvement sur la glace, le salto arrière, jambes tendues, pieds décalés, réception sur un pied, figure qui porte son nom, le « Bonaly ».
Elle a été décorée de la Légion d’honneur, décoration remise officiellement par le Maire de Nice, Christian Estrosi, le 13 décembre 2019.
Surya Bonaly, dans une tenue dessinée par Christian Lacroix. Nice-Matin, 21 février 1992
Adam Siao Him Fa
En 2022, Adam Siao Him Fa a posé ses patins à Nice pour s’y préparer aux jeux olympiques de Milano Cortina (2026). Premier Français sacré, au tout début d’année, champion d’Europe (ce qui n’était plus arrivé depuis Florent Amodio, en 2011), vainqueur plus récemment de sa première compétition de la saison (le Nebelhorn trophy, en Allemagne), puis à nouveau impérial à l’Arena de Shanghaï (Chine), le patineur de 21 ans d’origine mauricienne est au sommet de son art.
Sports de glace
- La Fédération française des sports de glace (FFSG)
- La Fédération française de hockey sur glace (FFHG)
- Le comité départemental des sports de glace
- Le curling aux jeux olympiques
- Le hockey sur glace aux jeux olympiques
- Le patinage artistique aux jeux olympiques
- Le patinage de vitesse aux jeux olympiques









