Charles-Félix (1821-1831), un roi, une place, une statue

Le 19 avril 1821 à Nice, le roi de Piémont-Sardaigne Victor-Emmanuel Ier (1759-1824) abdique en faveur de son frère Charles-Félix.

Qui était donc ce roi à qui Nice a donné une statue, une porte, une place ?

Les événements de 1821

Turin (Sardaigne), 30 avril.

L’avènement du roi Charles-Félix est maintenant officiellement connu. Le lieutenant-général chevalier Thaon de Revel, comte de Pralungo a envoyé, par ordre exprès du Roi Charles-Félix, aux Sénats royaux et la Chambre des Comptes, et à tous les magistrats suprêmes chargés d’enregistrer les actes royaux, l’acte d’abdication du Roi Victor-Emmanuel, du 13 mars, et l’acte confirmatif de cette abdication, donné à Nice le 19 avril dernier. (Nos lecteurs connoissant déjà le premier acte d’abdication qui est inséré dans le Journal des Débats du 18 mars nous nous bornons à donner ici le second.)

VICTOR-EMMANUEL,

« Dès le premier moment que l’abdication, faite par nous le 13 mars dernier, fut connue de notre illustre frère, le duc de Genevois, à qui par suite de cet acte la couronne et la souveraineté de nos États sont dévolues, il nous a constamment manifesté son ardent désir de nous voir reprendre les rênes du gouvernement tant à cause du vif attachement qu’il a pour nous, que parce qu’il regardoit comme nul et forcé un acte émané dans des circonstances aussi déplorables. Mais, persuadé comme nous le sommes que les hautes qualités de notre frère ne peuvent qu’assurer la félicité des peuples que la divine Providence avoit confiés à notre gouvernement, d’ailleurs mu par les causes indiquées dans notre premier acte, savoir la faiblesse de notre santé qui déjà depuis long-temps nous avoit suggéré le projet d’abandonner le trône, projet que nous avions la ferme intention de mettre à exécution aussitôt que nous aurions terminé quelques affaires d’une haute importance, projet dans lequel nous sommes affermi par l’état actuel des choses qui exige encore plus d’assiduité et d’application ; nous nous sommes déterminé, de notre pleine volonté, à confirmer par cet acte souscrit par, nous et contresigné d’après notre ordre par notre cousin, le marquis de Saint-Marsan, ministre d’État, l’abdication que nous avons faite par l’acte du 13 mars sous les conditions exprimées dans le même acte priant avec instance notre très cher frère, le duc de Genevois, de prendre les rênes du gouvernement et le titre de Roi afin d’assurer la félicité de ses peuples. »

Donné à Nice le 19 avril 1821. Signé Victor-Emmanuel. Contresigné De Saint-Marsan.

Cet acte est encore contresigné par cinq des procureurs-généraux et autres magistrats qui avoient contresigné l’acte du 13 mars, savoir Falletti, Fulcheri, Coste, de Roburent, Amat. Il porte encore la signature suivante : Pour copie conforme à l’original, Modène, 23 avril 1821, Le premier commis de la royale Secrétairerie d’État des affaires étrangères, Dalla-Valli.

 

Nice, 19 avril. (Extrait de la lettre d’un voyageur.)

On continue de prendre des mesures très sévères contre tous ceux qui ont pris quelque part à la révolution. Le Mistral, qui règne depuis huit jours, a forcé plusieurs bâtiments sur lesquels les chefs s’étoient embarqués à Gênes de se réfugier, dans les ports. Hier une felouque fut jetée sur la côte près de Monaco ; et quoique Monaco soit une principauté souveraine, les carabiniers sardes arrêtèrent sur-le-champ le colonel Palma, qui a joué un rôle à Alexandrie. On se propose de soumettre tous les constitutionnels (ainsi qu’on appelle ici les libéraux) à un conseil de guerre. Deux bâtimens sur lesquels les comtes de St.-Marsan (le fils), Santa-Rosa, etc., voulurent aller en Espagne, sont entrés à Antibes. On ne leur a pas permis de quitter la Ville, et un courrier de Roi est allé à Paris, pour réclamer leur extradition. Le consul d’Espagne dans notre ville M. de Ferreri étoit parti hier de Madrid en courrier, pour y porter la nouvelle de l’acceptation de la constitution en Piémont. Il quitta Madrid le 28 mars et alla avec des dépêches pour l’envoyé d’Espagne à Turin mais on dit que lorsqu’il voulut se rendre de là à son poste, à Nice, il fut arrêté le 10 par des carabiniers et transporté jusqu’à la frontière de France.

source : Journal des débats politiques et littéraires (Paris), 9 mai 1821.

 

Les mouvements insurrectionnels de 1820-1821 sont des tentatives de coups d’État nées en Espagne parmi les officiers de l’armée dans le port de Cadix, avant de se diffuser dans d’autres pays d’Europe. Avec la bataille du Trocadéro, à laquelle participe aussi le prince Charles-Albert de Savoie, héritier du Royaume de Sardaigne, les soldats français mettent un terme aux troubles en Espagne mais les tentatives d’insurrection se multiplient : en juillet 1820 à Naples et en Sicile ; en mars 1821 dans le Piémont. A Naples, l’Autriche intervient à la demande de Ferdinand Ier des Deux-Siciles, le beau-père de Charles-Félix, et les rebelles sont mis en déroute. Dans le Royaume lombard-vénitien, la découverte de sociétés secrètes conduit à des procès et de nombreuses condamnations des adversaires de la domination autrichienne.

Dans le Piémont, les insurgés, qui n’ont pas pour objectif de renverser la monarchie de Savoie mais demandent au roi d’unifier l’Italie, sont défaits ; certains sont condamnés à mort, beaucoup sont contraints à l’exil. Ainsi, le 6 mars 1821, Santorre Filippo Derossi, comte de Pomerolo, seigneur de Santarosa (Savillan, province de Coni, 1783 – île de Sphactérie, 1825), et plusieurs généraux se réunissent, autour de Charles-Albert de Sardaigne, afin de préciser les actions à mettre en œuvre pour soutenir les partisans d’une réforme constitutionnelle. L’Autriche réprime violemment l’insurrection. L’émeute de l’Université du Piémont s’achève dans un bain de sang. La révolution avortée provoque le départ d’un millier de révoltés vers Gênes et l’exil de deux cents autres en France et en Suisse. Des officiers supérieurs tels que le marquis Asinari de Saint-Marsan (fils du ministre) sont contraints de briser leur épée devant les troupes ennemies autrichiennes. En avril 1821, Santarosa, ayant été un des premiers à avoir rejoint l’insurrection, est contraint de s’exiler à Barcelone puis en Suisse.

Aux commandes en 1821 : le lieutenant-général Ignace Thaon de Revel ou Ignazio Thaon di Revel (Nice, 1760 – Turin, 1835), marié en 1797 à Sabine Spitalieri (Nice, 1780 – Turin, 1858), de la famille des comtes de Cessole, avait repris le titre de comte de Pralungo en 1814 par héritage de sa cousine Anne-Thérèse Provana. Le diplomate Antoine Marie Philippe Asinari de Saint-Marsan, marquis savoyard puis comte de l’Empire (Turin, 1761 – Asti, 1828), fils du gouverneur du Piémont, avait exercé de hautes responsabilités pour le roi de Sardaigne et pour Napoléon Ier (ambassadeur à Berlin, ministre de la Guerre, des Affaires étrangères, etc.).

 

Le règne de Charles-Félix (1821-1831)

Cinquième garçon du roi Victor-Amédée III, mort en exil en Sardaigne en 1796, Charles-Félix Joseph Marie de Savoie dit Carlo-Felice (1765-1831) n’avait pas vocation à succéder au trône.

Et pourtant, il a régné pendant dix ans, de 1821 à 1831, comme roi de Sardaigne, duc de Savoie et prince de Piémont, après l’abdication de son frère Victor-Emmanuel Ier et la courte régence de son cousin et héritier, le prince Charles-Albert de Savoie-Carignan (1798-1849).

Tout en contradiction, il est celui qui supprime la constitution octroyée par Charles-Albert, réprime la rébellion, mais aussi celui qui réforme l’administration, promulgue un nouveau code militaire, fonde le musée égyptien et la caisse d’épargne de Turin, et celui qui, à Nice, confirme les privilèges du port Lympia, donne un statut aux Juifs du ghetto, fait restaurer le Palais du Gouvernement [Palais sarde] et aménager les anciens terrains militaires du Château en promenade publique.

Prestation de serment des nobles niçois, 1822

Signature des nobles niçois (Garin, Roubion, Levamy, Aiglun, Audiffret, Caravadossi, Malausséna, etc.) à la fin de leur prestation de serment de fidélité au roi en application de l’édit du 11 décembre 1821 (1822)
Archives Nice Côte d’Azur, K 48

Prestation de serment des nobles niçois, 1822

Proclamation aux habitants de Nice à l’occasion de la visite officielle du roi (1826)
Archives Nice Côte d’Azur, I 12

Dès 1824, Charles-Félix avait envisagé de se rendre à Nice, où la municipalité avait d’ailleurs baptisé du nom du roi le pont reliant la place Victor à la rive droite du Paillon, donnant, l’année suivante, à la fontaine Saint-Jean-Baptiste, le nom de la reine Marie-Christine.

L’itinéraire choisi pour cette visite est la voie maritime, au départ de Gênes, préférable au passage du col de Tende, par la route royale de Turin, avec arrivée à Villefranche et entrée dans Nice par la porte Victor, la rue Ségurane, le quai de Raubà Capeù élargi pour l’occasion et la nouvelle Porte Marine ouverte dans les Terrasses des Ponchettes pour rejoindre le Palais royal.

Façade de l’église de l’abbaye de Hautecombe. Carte postale, début XXe.
Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 2418

Dit « le Bien-Aimé » pour avoir ramené dans ses États la paix et la prospérité après une période de troubles, il repose sur les bords du lac du Bourget, en l’abbaye royale d’Hautecombe, nécropole des souverains de Savoie.

Charles-Félix avait en effet racheté l’abbaye en ruines, créé la fondation d’Hautecombe et fait rénover l’église dans le style troubadour qu’il affectionne particulièrement par l’architecte Ernesto Melano. La reine Marie-Christine achève la restauration de l’abbaye en 1843 et y est inhumée aux côtés de son époux en 1849.

Les lieux de mémoire

Un monument disparu, l’obélisque des Israëlites

La communauté juive de Nice, attestée dès le XIIIe siècle, se structure au XVIIIe et obtient l’autorisation d’aménager une synagogue dans le ghetto (rue Benoît-Bunico) en 1773. C’est pour commémorer la visite du roi Charles-Félix à Nice que l’Université israélite décide, en 1826, de lui offrir ce monument. Élevé à l’entrée du Pont-Neuf, en rive gauche du Paillon, il était constitué d’un obélisque en pierre de La Turbie avec une base carrée de 50 cm, posé sur un piédestal précédé de quatre gradins, et orné, aux quatre angles, de quatre sphinges en marbre de Carrare.

Sur trois faces du piédestal, une inscription, la première en hébreu, la seconde en italien, la troisième en latin, attestaient de la reconnaissance des Juifs de Nice envers le monarque. Les initiales du roi (C.F.), la devise de la maison de Savoie (F.E.R.T.), un aigle et la couronne royale complétaient l’ensemble.

Nice. – Cascade du Château. – Edition Baylone frères (Nice), vers 1911.
Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 2353 (don Bourandy)

Vue prise depuis la terrasse du château. Une autre sphinge. Carte postale Léon et Lévy (Paris), vers 1905.
Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 2382

Une des sphinges conservées dans le dépôt lapidaire de la loge Sainte-Rita.
Cliché Eric Bertino, Ville de Nice, avril 2021

Le monument a été démonté lors des travaux d’aménagement de la place Masséna : l’obélisque a alors disparu tandis que les quatre sphinges servaient à orner les balustrades de la terrasse du Château avant d’être mises à l’abri dans la réserve lapidaire de la loge, le long de l’église Saint-Jaume, où elles sont encore visibles.

Un monument déplacé, le monument des Serruriers

Pour ne pas être en reste face à la communauté juive, la corporation des serruriers niçois décide, en 1827, d’offrir une colonne commémorative du séjour royal de 1826.

Le monument est composé d’un cube de pierre blanche portant, sur deux faces opposées, la couronne royale et le chiffre « C. F. » du roi Charles-Félix ; sur les deux autres faces : « 1827 ». Érigée à l’origine à l’extrême Est du cours Saleya, cette colonne a été souvent déplacée : elle s’est trouvée dans le musée lapidaire des jardins de la villa Masséna puis au Château, puis, en 1986, entre le boulevard Jean Jaurès et l’entrée de la rue Centrale. Le monument a, depuis, été démonté.

La corporation des serruriers était une des plus grosses organisations patronales de Nice ; les boutiques et ateliers étaient toutes situées dans une rue de la vieille ville, entre la rue Sainte-Claire et la rue Saint-Joseph, anciennement carriera dei serraié ou carriera fabrarìa, aujourd’hui rue des Serruriers

Le monument alors conservé dans le musée lapidaire des jardins de la villa Masséna, 1969.
Cliché Ville de Nice, 1969 (Archives Nice Côte d’Azur, 860 W 1969)

Un monument mutilé, la statue du port Lympia

Sa statue qui domine le port de Nice avait été élevée grâce une souscription des négociants niçois (E. Carlone, les frères Clérissy, Contesso & Barla, etc.) pour remercier le souverain d’avoir, en 1826, conservé à la ville quelques-uns des privilèges du port-franc.

Dessinée par Paul-Émile Barberi et érigée en 1828, elle représente le roi en costume Renaissance, le doigt tendu vers le port et, à ses pieds, un aigle (symbole de la ville), portant une croix de Savoie sur la poitrine.

Son piédestal porte des inscriptions sur les quatre côtés :

Côté mer (sud) : REGI CARLO FELICI / R. VICT. AMED. F. / R. CAR. EMMAN. N / OPTIMO ET PROVIDENTISS / PRINCIPI

Côté port : CONSERVATORI / IMMVNITATVM. PORTVS. / NICAEENSIS

Côté Raubà Capeù : ADSERTORI / LIBERTATISMAIVM

Côté château : REGI. AVGSTISSIMO IN. ADVENTV. EIVS / QVIFVIT. V. I. IDVS. NOVEMBRES / A. MDCCCXXVI / NEGOCIATORES NICAEENSES

La statue au port de Nice.
Cliché Eric Bertino, Ville de Nice, avril 2021

Le port de Nice avec la statue de Charles-Félix, lithographie d’après un dessin de Grundmann, 1837.
Archives Nice Côte d’Azur, 4 Fi 39

La statue au port de Nice (détail).
Cliché Eric Bertino, Ville de Nice, avril 2021

Le port de Nice au tournant du XXe siècle.
Archives Nice Côte d’Azur, 3 Fi 75/34

Se souvenant des motifs de son érection (« conservatori immunitatum portus nicaeensis »), les Niçois font payer à la statue la suppression par Cavour des privilèges régionaux, dont ceux du port-franc de Nice : lors de violentes émeutes de mai 1851, la statue est amputée du doigt montrant le port.

Depuis, les Niçois ont coutume de lancer à leurs créanciers vaï ti faïre pagà da Carlou-Félis lorsqu’ils n’ont pas l’intention d’honorer leur dette…

Une porte et une place aux Ponchettes

Vers le milieu des Ponchettes et au-dessous des ruines de la tour Bellanda qu’un négociant a transformé en terrasse agréable, on parvient par un escalier spacieux et commode à un magnifique passage qui fut commencé au milieu du XVIIIe siècle et terminé vers 1780.

Du côté de la mer, des ignobles baraques furent remplacées par une seconde terrasse parallèle à la première où l’on peut accéder par les deux extrémités. Quand cet ouvrage sera terminé il en résultera un ensemble de promenades très agréables. Un quai que l’on veut construire sur un terrain au bord de mer réunira la route du port avec le quai que forme vers l’ouest la continuation de la terrasse et communiquera même avec le cours au moyen d’un portique qu’on doit ouvrir en bas d’un escalier en marbre par lequel on monte à la promenade de la terrasse qui forme comme une espèce de bastion distant de cinquante à cent pas du bord de mer. Sa hauteur est à peu près celle du premier étage d’une maison, sa largeur de dix à douze pas et sa longueur de 750 mètres.

Étant légèrement inclinée vers la mer et revêtue d’un ciment qui la recouvre entièrement on peut s’y promener à pied sec dès qu’a cessé la pluie.

Elle est flanquée de solides parapets. C’est en toute saison le passage le plus fréquenté de la ville et sa position délicieuse en justifie la prédilection dont elle est l’objet.

traduction française de l’article du

Dizionario geografico storico statistico commerciale compilato per cura del Professore e Dottore di Belle Lettere Gioffredo Casalis Cavaliere dell’ordine de SS Maurizio e Lazzaro, 1843, vol. XI.

 

Le 4 novembre 1826, jour de la saint Charles, l’architecte communal Scoffier ouvre une nouvelle porte sur la place de la Poissonnerie [aujourd’hui place Charles-Félix] à l’Est de la première pour la venue du couple royal, ce qui lui a fait donner le nom de Porta Felice. On y grave une dédicace commémorative : « Opt. Regi Carolo Felici adventanti Nicaenses portam et corda pandun.t Equite Carolo Ratti Laurentio Gioan, Ignatio Bues Coss. ».

 

 

 

Plaque commémorative conservée en 1969 au musée lapidaire dans les jardins de la villa Masséna.
Archives Nice Côte d’Azur, 860 W 1969

Perspective d’une partie de la façade du centre de la nouvelle terrasse publique à l’ouest de la porte contiguë de la nouvelle poissonnerie à construire avec le dessin du balcon que chacun des propriétaires doit exécuter, 1840.
Archives Nice Côte d’Azur, O 4/8 folio 227

Entre 1838 et 1850, la Ville poursuit l’aménagement du quai du Midi et du cours Saleya et fait aligner les immeubles de la promenade du Cours et de la place de la Poissonnerie selon les prescriptions du Consiglio d’Ornato.

 

 

 

Profil de la place de la Poissonnerie avec détail de la porte Charles-Félix donnant sur les Ponchettes, 1843.
Archives Nice Côte d’Azur, D 43, folio 155

Plan dressé par l’ingénieur hydraulique : cours que devra suivre l’aqueduc souterrain destiné à apporter à la nouvelle Poissonnerie les eaux provenant de la Boucherie, 1848.
Archives Nice Côte d’Azur, D 85, folio 135

La poissonnerie près de la porte Charles-Félix. Carte postale Lévy-Neurdein (Paris), début XXe.
Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 7943

Le palais Marie-Christine rue de France

Afin d’honorer le couple royal, le comte Saïssi de Châteauneuf baptise le palais qu’il fait édifier entre 1826 et 1829 dans le nouveau quartier élégant de la Croix-de-Marbre du nom de la reine Marie-Christine de Bourbon-Sicile (Caserte, 1779-Savone, 1849), sixième enfant du roi Ferdinand Ier des Deux-Siciles et de Marie-Caroline d’Autriche, épouse depuis 1807 de Charles-Félix.

Le palais a été largement modifié dans son aspect extérieur par l’architecte Sébastien-Marcel Biasini dans le dernier tiers du XIXe siècle à la demande du nouveau propriétaire des lieux, Victor Devillaine. Il constitue un brillant témoignage de l’aspect du quartier aux débuts de la villégiature, avec sa façade sur jardin, en retrait de la rue.

Le palais Marie-Christine, rue de France
Cliché Eric Bertino, Ville de Nice, avril 2021

Et dans le reste du royaume de Piémont-Sardaigne

Plusieurs monuments rappellent la mémoire de son règne dans le reste des États de Savoie, ainsi la « colonne de Charles-Félix » à Bonneville (Haute-Savoie), érigée en l’honneur de celui qui fit endiguer la vallée de l’Arve.

Les Génois ont également donné son nom à leur opéra, le Teatro Carlo Felice.

Le pont et la colonne Charles-Félix à Bonneville. Carte postale Pittier (Annecy), début XXe.
Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 2935

Genova. Teatro Carlo Felice. Carte postale M. Glüekstadt (Hamburg), vers 1901.
Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 6763

T

Pour en savoir plus

  • MARTENS, Georg F. et Karl von. Nouveau Recueil de traités d’alliance, de paix, de trêve, de neutralité, de commerce, de limites, d’échange etc. et de plusieurs autres actes servant à la connoissance des relations étrangères des puissances et États de l’Europe tant dans leur rapport mutuel que dans celui envers les puissances et États dans d’autres parties du globe depuis 1808 jusqu’à présent [en ligne]. Librairie De Dieterich, 1824.
  • BARELLI, Hervé. « Charles-Félix ou Carlou-Félis la visite à Nice d’un symbole féodal (novembre-décembre 1826) » In : 1388, La Dédition de Nice à la Savoie [en ligne]. Éditions de la Sorbonne, 1990.
  • CAMPANILE, Anna. « Le royaume de Savoie de l’État monarchique à l’État libéral » [en ligne]. In : Recherches régionales, n° 158.
  • BARBERIS, Walter, dir. I Savoia. I secoli d’oro di una dinastia europea, Giulio Einaudi, 2007.
  • Archives départementales des Alpes-Maritimes. Le comté de Nice et la maison royale de Savoie, Silvana Editoriale, 2010.
  • L’exposition Pierres du souvenir des Archives Nice Côte d’Azur, 2018
  • Les Terrasses des Ponchettes (XVIIIe-XIXe siècles) par le service Archéologie Nice Côte d’Azur
  • La « minute patrimoine » Va ti fare pagar da Carlo-Felice