Jacques Chirac et Nice

Décédé le 26 septembre 2019 à Paris, inhumé le 30 septembre au cimetière du Montparnasse, l’ancien Président de la République française Jacques Chirac est venu de nombreuses fois à Nice et dans les Alpes-Maritimes. Le territoire a, dès les années 1970, accueilli à de nombreuses reprises l’homme, le militant gaulliste ou le Premier Ministre.

Rétrospective au travers des fonds d’archives.

Service des Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 5102

Auron – 1608 m – Centre de sports d’hiver

Carte postale Gaby, vers 1937

Après l’achèvement de la route de Saint-Étienne-de-Tinée à Auron en 1934, la station se développe et, le 30 janvier 1937, inaugure un téléphérique, le troisième à être construit en France. En 9 minutes, il peut monter une trentaine de passagers à 2.270 mètres d’altitude où sept pistes s’offrent à la glisse. Une trentaine d’années plus tard, le Président de la République Georges Pompidou et sa femme viennent s’y ressourcer. La famille Chirac va découvrir les charmes de la station maralpine à l’été 1974 en suivant les traces du mentor récemment décédé – Jacques Chirac a été chargé de mission dans son cabinet en 1962 avant d’être nommé secrétaire d’État dans son gouvernement en 1967.

Congrès de l’U.D.R., Nice, juin 1975

Le mouvement gaulliste se dénomme, de 1958 à 1967, Union pour la nouvelle République (U.N.R.) et, de 1967 à 1976, Union des démocrates pour la Cinquième République (U.D.-Ve). Après les événements de mai 1968, il prend le nom d’Union pour la défense de la République (U.D.R.) et ensuite, jusqu’en 1976, par réutilisation du sigle, Union des démocrates pour la République.

Jacques Chirac devient secrétaire général du parti en décembre 1974. Il organise les assises nationales de l’U.D.R., réunies les 14 et 15 juin 1975 à Nice, pour « définir les objectifs du mouvement face à la transformation de la société et affirmer les ambitions de l’U.D.R. pour la France ».

En 1976, sous son impulsion, l’U.D.R. laisse la place au Rassemblement pour la République (R.P.R.).

 

Cérémonie militaire au monument aux morts de Nice

Cette cérémonie, au monument aux morts, quai Rauba-Capeù, a lieu 3 jours avant le 35e anniversaire de l’appel du 18 juin 1940, date fondatrice du gaullisme. Jacques Chirac, alors Premier Ministre, est entouré du préfet des Alpes-Maritimes, Pierre Lambertin, et du député-maire de Nice, Jacques Médecin.

Service des Archives Nice Côte d’Azur, 860 W 1975/2503

Service des Archives Nice Côte d’Azur, 860 W 1975/2504

Service des Archives Nice Côte d’Azur, 860 W 1975/2516

Jacques Chirac reçu par Jacques Médecin, maire de Nice, à l’Hôtel de Ville

Réception organisée en mairie à l’issue du congrès national de l’U.D.R.

Jacques Médecin sera nommé secrétaire d’État au Tourisme en janvier 1976 et il le restera, après la démission de Jacques Chirac, dans le gouvernement de Raymond Barre.

Album de caricatures de Paul Isoart

Jacques Chirac vu par Roland Moisan, Jean Leffel, Jacques-Armand Cardon, Jean-Marie Kerleroux, vers 1976-1977

Dessins découpés par l’universitaire niçois Paul Isoart dans l’hebdomadaire satirique Le Canard enchainé.

Le juriste Paul Isoart (Nice, 1931-2013), est envoyé au Maroc en qualité de commissaire du gouvernement chérifien à Marrakech et à Rabat ; devenu officier il soutient en 1959 une thèse sur « le phénomène national vietnamien ». Il fait ensuite une carrière d’enseignant à l’Institut d’études juridiques puis à la Faculté de droit de Nice.

On lui doit plusieurs ouvrages sur la République, la décolonisation, le gaullisme et sur sa ville natale.

 

Service des Archives Nice Côte d’Azur, 27 S 3 (fonds Paul Isoart)

Service des Archives Nice Côte d’Azur, 860 W 1981/810

Bain de foule de Jacques Chirac avenue de Verdun

Cliché Ville de Nice, 9 mars 1981

Jacques Chirac annonce sa candidature à l’élection présidentielle le 3 février 1981, depuis l’Hôtel de ville de Paris, en se présentant comme le seul légitime à pouvoir se poser en rassembleur des gaullistes.

ll obtient au premier tour, le 26 avril, 18 % des suffrages exprimés (20,18 % dans les Alpes-Maritimes) et se retrouve largement distancé par le Président sortant, Valéry Giscard d’Estaing (28,32 %), et François Mitterrand (25,85 %), qui l’emportera au second tour.

À Nice, c’est dans le 4e canton (Musiciens) qu’il fait son meilleur score (24,98 % des suffrages exprimés).

Meeting politique animé par Jacques Médecin et Jacques Chirac au théâtre de Verdure

Cliché Ville de Nice, 8 juin 1981

Après la victoire de François Mitterrand à l’élection présidentielle, Jacques Chirac fait le déplacement à Nice pour soutenir les six députés sortants des Alpes-Maritimes : Charles Ehrmann, Jacques Médecin, Fernand Icart, Emmanuel Aubert, Louise Moreau et Pierre Sauvaigo.

À l’issue des élections législatives, E. Aubert, J. Médecin, L. Moreau et P. Sauvaigo conservent leur siège sous l’étiquette R.P.R. ; C. Ehrmann et F. Icart perdent le leur au profit des socialistes Max Gallo et Jean-Hugues Colonna.

Service des Archives Nice Côte d’Azur, 860 W 1981/2934

De gauche à droite : Jacques Chirac, Jacques Médecin, son suppléant Francis Giordan, Charles Ehrmann, son suppléant Gaston Robaut, et Louise Moreau

Comité de soutien à Jacques Chirac

Clichés Ville de Nice, 25 mars 1988

Le 16 janvier 1988, Jacques Chirac, alors Premier Ministre de François Mitterrand, annonce depuis l’hôtel Matignon qu’il se présente à l’élection présidentielle. Face à la spectaculaire remontée du président sortant dans les sondages et tandis que  l’U.D.F. investit Raymond Barre, il se lance dans une tournée à travers le pays.

Son équipe de communication tente de le réconcilier avec le grand public : ses affiches électorales le présentent pour la première fois sans lunettes ni cravate, l’air décontracté et bienveillant. Il est ainsi présent à Nice le 27 février où il s’adresse aux pieds-noirs à l’occasion du congrès national exceptionnel de l’association des rapatriés Recours, à l’Acropolis, et le mois suivant pour l’inauguration de la station d’épuration Haliotis à Ferber suivie d’un meeting organisé par son comité de soutien autour du député-maire de Nice, Jacques Médecin.

Au final, 23,43 % des Niçois vont lui accorder leur suffrage contre 25,15 % à François Mitterrand, le président sortant, et 25,92 % à Jean-Marie Le Pen. Il arrive en tête dans 6 des 13 cantons de Nice.

Service des Archives Nice Côte d’Azur, 1046 W 4/45

Inauguration de la station d’épuration Haliotis à Ferber

Clichés Ville de Nice, 25 mars 1988

Construite à partir de 1985, la station Haliotis est inaugurée le 25 mars 1988 par le Premier Ministre Jacques Chirac et le député-maire de Nice Jacques Médecin.  Son exploitation est confiée à Dégremont, filiale de Suez-Environnement.

Aujourd’hui, cette station reçoit les eaux usées des communes de Nice, Aspremont, Cantaron, Castagniers, Colomars, Falicon, Levens, La Roquette-sur-Var, Saint-André-de-la-Roche, Saint-Blaise, la Trinité, Tourrettes-Levens, et Saint-Martin-du-Var.

Service des Archives Nice Côte d’Azur, 1046 W 4/39

On reconnaît à l’arrière le conseiller municipal André Sfar.

 

Service des Archives Nice Côte d’Azur, 861 W 3/22

Photo du haut : Christian Estrosi et Jacques Chirac à la tribune. Photo du bas : Jacques Chirac saluant Solange Rodrigues ; les candidats Christian Estrosi et Gaston Franco.

Soutien de Jacques Chirac aux candidats RPR pour les législatives de 1993

Clichés Ville de Nice, 17 février 1993

Sous le gouvernement du socialiste Pierre Bérégovoy, Jacques Chirac prend la tête de l’opposition et s’implique très activement dans la campagne législative d’avril 1993 laquelle se conclut par la victoire écrasante de la droite et de son parti, le R.P.R. devenu la première force politique du pays avec 242 députés élus. Parmi eux : Christian Estrosi, élu dans la 2e circonscription des Alpes-Maritimes, et Gaston Franco, élu dans la 5e.

 

Chirac roi du Carnaval de Nice

Nice-Matin, 17 février 2007

Les organisateurs du 123e carnaval de Nice rendent hommage au président de la République en le nommant « Roi de la Très Grande Mêlée », symbolisant à la fois l’élection présidentielle de 2007 – qui verra, le 6 mai 2007, son Premier Ministre, Nicolas Sarkozy, l’emporter au second tour contre la socialiste Ségolène Royal – et la coupe du monde de rugby à XV qui se déroule sur le sol français à l’automne 2007.

La poupée géante, montée sur un des vingt chars du carnaval, est accompagnée de moulages comiques figurant l’épouse du Président, Bernadette Chirac, ou encore les candidates à l’élection présidentielle, Ségolène Royal (P.S.) et Arlette Laguiller (F.O.).

 

Photo Richard Ray pour Nice-Matin

 

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